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sauvons les sentiers des calanques de Marseille |
| octobre 2006 | ||||
Un responsable de l'Office national des forêts mène une politique sécuritaire aberrante et provocatrice et détruit les sentiers historiques des calanques |
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décision condamnée par la préfecture des Bouches du Rhône
en novembre 2006 |
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les sentiers ont été rééquipés par les Marseillais
en mars 2007 (voir ci-dessous) |
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![]() le massif de la Candelle : un site naturel magnifique... bientôt interdit ? |
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| L'Office national des forêts détruit les sentiers historiques | ||||
| En octobre 2006, des randonneurs découvrent avec consternation des panneaux de l'ONF informant de la suppression des chemins historiques des calanques dans le secteur Candelle-Devenson.
Pourquoi avoir supprimé ces sentiers ? L'Office national des forêts les juge trop "dangereux" ! En fait, cette décision ne relève pas d'une politique de l'ONF, mais de l'initiative du responsable du massif des calanques, Alain Vincent. Il est soutenu par le directeur régional, Laurent Voisin. Leur position est cependant critiquée au sein de l'ONF. Depuis qu'en février 2006, une personne a trouvé la mort, victime de la chute d'un rocher dans la calanque des Pierres Tombées, une paranoïa s'est emparée de certains fonctionnaires technocrates. Oui, les calanques sont dangereuses ! Les calanques représentent un univers que l'on peut comparer à la haute montagne. Des blocs peuvent se détacher de la falaise et tuer. Mais c'est quand même rarissime. Les rues de Marseille sont bien plus dangereuses. On y déplore bien plus de décès de piétons renversés par des chauffards.
Les sentiers des calanques sont classés (sur la carte IGN) en trois catégories : Attention ! les sentiers très faciles accessibles à tous sont très rares ! Les calanques constituent
un espace inapproprié pour les jeunes enfants. D'autre part, il est indispensable d'avoir de bonnes chaussures de sport. Pour le responsable local de l'Office national des forêts, les sentiers difficiles doivent tout simplement être supprimés !
Or, ces sentiers sont les plus proches de la mer : ils offrent les panoramas magnifiques. C'est le relief accidenté des calanques
qui font leur charme. Si c'était une plaine, il n'y aurait certes aucun danger mais aussi aucun intérêt particulier.
Il y a quelques années, dans le secteur géré par l'ONF, le GR (chemin de Grande Randonnée), jugé
trop "dangereux", a été modifié. Les parties les plus magnifiques (Eissadon, En Vau) on été
supprimées. Les randonneurs doivent désormais prendre des sentiers plus faciles, mais éloignés du bord de
mer... Et pourquoi pas exclusivement des pistes forestières, pendant qu'on y est ? Aujourd'hui, l'ONF détruit un autre secteur. Le sentier supprimé et notamment le pas dit de l'Œil de Verre fait partie d'un superbe parcours de la traversée des calanques de Marseille-Cassis. Et l'ONF qui nous détruit tout ça ! ça fait mal au cœur ! c'est lamentable ! c'est révoltant ! |
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![]() panneau installé par la mairie, à l'entrée des calanques, sur le parking de Luminy
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sentiers supprimés pour cause de "dangers" ? Agents de l'ONF, ramenez vos pancartes et respectez l'environnement. Merci |
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| L'ONF croit-il en la liberté de l'homme ? | ||||
| C'est avant tout une question de philosophie. L'homme doit-il être libre ? être libre, c'est être responsable. être libre, c'est être maître de soi-même. La liberté, c'est apprendre à se maîtriser.
L'ONF fait ainsi le choix de déresponsabiliser l'homme. Il faut alors mettre des panneaux à tous les détours des chemins pour dire où il ne faut pas aller et des barrières de sécurité sur les falaises... Est-ce qu'il ne faudrait pas mieux concevoir la mission de service public autrement ? Apprendre à l'homme à être responsable, lui faire découvrir la nature, lui apprendre à être conscient de ses dangers. L'ONF doit faire le pari d'avoir confiance en l'homme et non le prendre comme un enfant qui doit être encadré par un état paternaliste. L'homme doit apprendre à vivre en harmonie avec la nature. C'est apprendre à respecter la nature. C'est aussi apprendre l'humilité. L'homme n'est que peu de chose face à la nature. L'homme n'est qu'un roseau pensant. La nature se dompte parfois, mais pas toujours. La nature est sauvage. Et l'homme n'est pas tout puissant. L'homme n'est pas Dieu. La nature est éternelle, l'homme est mortel. |
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| Une justive parfois aveugle qui rend parano | ||||
| C'est là que réside la source du problème. Nous vivons dans une société de plus en plus sécuritaire. Un accident ? on intente de plus en plus systématiquement un procès... comme les Américains. Et certains juges veulent systématiquement un coupable... Résultat : des enseignant n'osent plus sortir avec leurs élèves. Si un accident se produit, il craigne avoir affaire
à un juge sans pitié. Si les jeunes ne font plus d'exercices physiques et passent leur temps, enfermés, devant la télé... ils vont sombrer dans la déprime, le suicide, la drogue ou la violence... mais un juge s'en fiche, ce n'est pas son problème ! Le responsable de l'ONF craint d'avoir un procès sur le dos. Alors, il décide de supprimer les sentiers vertigineux et magnifiques pour éviter tout risque de procès en cas d'accident. C'est une décision de poltron. C'est mesquin. Et c'est inutile ! que le randonneur soit sur un sentier balisé ou en pleine nature, la responsabilité de l'ONF reste toujours engagée. Un sentier "supprimé", c'est un sentier dont le balisage a été supprimé mais ce n'est pas un sentier interdit. Le seul moyen pour l'ONF de dégager sa responsabilité, c'est de classer le site "zone interdite". Avec des grillages autour. Et c'est, malheureusement, ce qui risque de se produire bientôt si on laisse faire... |
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| L'attitude aberrante de l'ONF | ||||
| L'Office national des forêts a agi, en Provence, sans concertation. Il existe un groupement d'intérêt public, regroupant les différents acteurs et associations concernées par les calanques. Pourquoi n'a t-il pas été consulté ?
Devons nous laisser un fonctionnaire de l'ONF agir en fonction de son humeur, supprimer les sentiers historiques et magnifiques, auxquels sont attachés sentimentalement les Marseillais et les Provençaux ? Le métier de l'Office national des forêts, c'est la forêt. Cependant, cet office a diversifié ses activités et touche à des domaines dans lesquels il n'est pas forcément compétent. La pratique de la randonnée, ce n'est effectivement pas le métier des technocrates de l'Office national des forêts. La randonnée ne se réduit pas à ces petites balades familiales bien pépères, comme celles présentées sur les guides de l'ONF. La randonnée, c'est aussi une aventure qui peut s'étendre sur plusieurs jours (un chemin de grande randonnée, s'étend sur plusieurs centaines de kilomètres). La randonnée, c'est aussi un état d'esprit, une éthique. La randonnée, c'est une école de la vie merveilleuse, qui apprend à mieux se connaître soi-même et à vivre en harmonie avec la nature. La randonnée, c'est aussi la découverte des paysages. Mais avant tout, le plaisir de marcher sur un superbe sentier. Marcher sur une piste forrestière de l'ONF na pas le même charme que sur un sentier escarpé. En outre, les chemins font aussi partie du patrimoine naturel et humain, comme les ruines et autres signes des activités humaines d'autrefois.
Les responsables de l'ONF auraient dû demander l'avis des associations, comme le Club Alpin Français qui pratique l'alpinisme et la randonnée depuis plus de 130 ans à Marseille. En supprimant le balisage et les équipements des chemins soi-disant "dangereux", l'ONF a dû planter une dizaine de panneaux pour informer le public. Bravo pour la destruction du paysage ! Aucun respect pour l'environnement ! C'est d'autant plus révoltant que c'est une attitude anti-éducative !
Les responsables de l'ONF ne pouvaient ignorer qu'ils allaient provoquer la colère des randonneurs et des amoureux des calanques. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'ils ont fait leur coup en douce en mettant tout le monde devant le fait accompli. Résultat : les panneaux de l'ONF ont été détruits. En agissant d'une façon autoritaire, sans concertation, avec un mépris total pour la démocratie, il fallait s'attendre à ce genre de réaction. L'ONF méprise les randonneurs : les randonneurs se révoltent. Désormais, l'ONF a perdu toute crédibilité. Je constate que dans le Val Vierge, le balisage du chemin a été effacé, la main courante (petite chaîne placée à un passage très exposé) a été supprimée. C'est très dangereux.
J'estime que la responsabilité de l'ONF ne doit pas être engagée si un accident se produit sur un sentier car cela reviendrait à déresponsabiliser l'homme. En revanche, tout acte de sabotage mettant en danger la vie d'autrui doit être sanctionné avec la plus grande fermeté. En cas d'accident, une peine de prison ferme peut alors être infligée à l'encontre de ceux qui ont détruit les équipements des sentiers. C'est la niaiserie du principe de précaution. En cherchant à se protéger, l'ONF se retrouve plus exposé qu'avant, tout en emmerdant les randonneurs et en détruisant l'environnement. Bravo l'ONF ! |
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| L'ONF doit apprendre à se remettre en question | ||||
| Je pense que l'ONF doit se remettre complètement en question. Il faut : |
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| Un débat de société | ||||
| Le problème ne concerne pas seulement l'ONF. D'autres organismes similaires ont la même attitude. Et ce que l'on constate dans les calanques, ce n'est malheureusement pas unique en France.
Quelle société voulons-nous ? La sécurité, c'est important. Mais il ne faut pas abuser. On ne parle que de normes de sécurité qui sont de plus en plus draconiennes... Si on laisse faire, l'ONF serait capable d'installer des radars dans les forêts : Pour votre sécurité, il est interdit de courir... Il faut peut-être penser davantage à l'homme. Un peu de philosophie ne fait pas de mal... L'homme doit rester libre. Il faut responsabiliser l'homme et non le considérer comme un enfant. Donnons plus de place à la philosophie, plus de place à l'humanisme... |
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reportage
sur TF1, polémique autour des calanques de Marseille rendues inaccessibles journal de 20 heures du 20 octobre 2006 |
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Club Alpin Français de Marseille Provence : le CAF fait signer une pétition | |||
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Groupement d'Intérêt Public des calanques | |||
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l'Office national des forêts : missions & objectifs | |||
| seulement 4 lignes pour présenter les missions et objectifs de l'ONF... | ||||
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lire les commentaires | |||
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| le 9 novembre 2006 | ||||
| la préfecture des Bouches du Rhône condamne la décision de l'ONF | ||||
| Le 9 novembre 2006, une réunion a été organisée à la préfecture des Bouches du Rhône avec l'Office national des forêts, le Club Alpin et d'autres associations de randonneurs. Le préfet ordonne à l'ONF de rétablir immédiatement les balisages et les équipements des sentiers des calanques. |
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| mars 2007 | ||||
| les sentiers sont de nouveau accessibles | ||||
| L'ONF pratiquant la politique de l'ours en hibernation, des bénévoles ont entrepris le rééquipement des sentiers. Désormais, le fameux pas de l'Œil de Verre et le pas du Devenson (reliant la calanque au col) sont rééquipés. Et c'est un beau travail de qualité ! L'ONF s'est, dans cette histoire, totalement ridiculisé. Alain Vincent et Laurent Voisin ont perdu toute crédibilité. Un nouveau responsable devrait être nommé le plus rapidement possible. Désormais tout nouvel acte de destruction sans concertation émis par un fonctionnaire de l'ONF sera considéré comme un casus belli.
Cette histoire aura démontré l'attachement viscéral des Marseillais à leur paradis. Si vous ne connaissez pas les calanques, découvrez les sans tarder et vous comprendrez !
N'oubliez cependant jamais que le massif des calanques est un site sauvage et dangereux. Soyez très prudents ! La pratique de la randonnée se fait à vos risques et périls ! |
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| automne 2007 | ||||
| épilogue | ||||
| On peut dire que l'ONF a fait son mea culpa. |
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