Émile Littré
étymologies
Pathologies verbales
Lésions de certains mots dans le cours de l'usage
(1880)
Devis - étymologie, par Émile Littré - Pathologies verbales
Devis, devise, deviser
Ces mots ne sont pas autre chose que le verbe diviser, qui a pris une acception particulière. D'abord, nos aïeux avaient, euphoniquement, de la répugnance pour la même voyelle formant deux syllabes consécutives dans un mot ; ils ont donc dit deviser ; c'est ainsi que de finire ils avaient fait soit fenir, soit finer. Puis, usant à leur guise du sens du supin latin divisum qui leur avait donné deviser, à nous diviser, ils lui ont fait prendre l'acception de disposer, arranger, vu qu'une division se prête à un arrangement des parties. De là, devise a signifié manière, disposition, propos, discours ; ce sens a disparu de la langue moderne, qui l'a transporté sur devis, propos, et aussi tracé, plan, projet. Quant à la devise d'aujourd'hui, elle est née du blason, qui donnait ce nom à la division d'une pièce honorable d'un écu. La devise du blason est devenue facilement synonyme d'emblème ou de petite phrase d'un emblème. Au sens de partager en parties, l'ancienne langue disait non diviser mais deviser, par la règle d'euphonie que j'ai rappelée ci-dessus. Diviser est refait sur le latin et n'apparaît qu'au seizième siècle ; depuis lors, il n'est plus trace de deviser avec l'acception actuelle de division. Si la langue moderne avait gardé deviser pour mettre en parties, on aurait vu tout de suite que deviser, tenir des propos, était le même mot ; aujourd'hui deviser et diviser sont deux, et ce n'est qu'une étymologie subtile, mais appuyée par les textes, qui en montre l'identité. En effaçant la trace de cette identité ici et ailleurs, l'usage ôte à la langue la faculté de voir dans le mot plus qu'il ne contient, pris isolément en soi. Un des charmes des langues anciennes est que la plupart des mots se laissent pénétrer par le regard de la pensée à une grande profondeur.



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