archives famille
John Bost

  John Bost > Asiles > Béthel

photo John Bost





Béthel

« Et Jacob se leva de bon matin, et prit la pierre dont il avait fait son chevet, et la dressa pour monument, et versa de l'huile sur son sommet. Il appela le nom de ce lieu-là Béthel, mais auparavant la ville s'appelait Luz. Et Jacob fit un vœu, en disant : Si Dieu est avec moi, et s'il me garde dans le voyage que je fais, s'il me donne du pain à manger, et des habits pour me vêtir, et si je retourne en paix à la maison de mon père, certainement l'Éternel me sera Dieu.

Et cette pierre que j'ai dressée pour monument, sera la maison de Dieu; et de tout ce que tu m'auras donné, je t'en donnerai entièrement la dîme. »

(Genèse 28, 18-19)


En hébreu : בית אל   (maison de Dieu)

Inauguration : 18 avril 1870, par le pasteur Bastié.

Siloé et Béthel : Monographie historique sur les pavillons du Bourg d'Abren, par A. Obénich , in Notre prochain (1967) : I & II - III


Rapport sur les Asiles de Laforce
(1878)
Béthel

Asiles pour des garçons épileptiques.



L'aspect extérieur de cet asile est transformé depuis nos dernières constructions. L'œil se repose avec plaisir sur cette maison simple, mais qui répond si bien aux besoins de l'œuvre. À l'intérieur, des dortoirs de diverses grandeurs nous permettent de classer nos malades selon leur âge, ou la nature de leurs crises ; ces divisions sont de la plus haute importance, tant au point de vue moral qu'à celui de la santé. Tous nos dortoirs et toutes nos infirmeries sont exposées au midi, ayant aussi des ouvertures au nord. La ventilation s'opère par de grandes fenêtres. Hélas ! toutes sont grillées pour éviter que, dans la surexcitation qui souvent suit les crises, nos garçons ne cherchent à se précipiter par la fenêtre. Ces grilles, peintes en vert et entourées de plantes grimpantes, ne donnent nullement à l'asile l'aspect d'une prison. L'air, la lumière arrivent à flots dans tous les appartements. De ces dortoirs, les yeux se reposent sur de beaux jardins et sur une prairie bordée de grands peupliers.

Plus nos asiles renferment de douleurs physiques ou morales, plus nous cherchons à donner de la vie, de la gaieté à l'extérieur. Après la sympathie, rien n'est plus précieux à celui qui souffre, que d'assister à la vie de la nature, aussi avons-nous orné le devant de la maison d'arbres fruitiers et d'agrément. On nous a dit quelquefois : « Vos asiles ne sont pas des asiles ? ce sont des villas, des maisons d'été : nous n'en demanderions pas d'autres pour nous-mêmes. » Ce sentiment a été exprimé par des médecins et par tous nos amis on passage.

Ne faut-il pas donner à ces pauvres êtres qui ne vivent que de souffrances, toutes les jouissances permises pour qu'ils puissent croire à l'amour du prochain ? Nous mettrions-nous à leur place pendant une heure ? Voudrions-nous avoir une seule crise d'épilepsie ? — ou passer seulement huit jours étendus sur un lit de douleur ? Ceux qui connaissent, l'amertume de ce mal ne nous reprocheront pas les efforts que nous faisons pour abréger les longues heures de la journée, en donnant à nos garçons incurables ces quelques fleurs jetées sur leur lit.

Béthel a trente-deux garçons épileptiques. Nous avons eu depuis un an trois décès : trois chers enfants qui, par leur position sociale, leur naissance et leur intelligence, auraient dû trouver une place partout ailleurs que dans cet asile. La main de Dieu s'appesantit sur le riche comme sur le pauvre. Les parents qui nous ont confié leurs fils avaient jugé nécessaire de les éloigner de leurs frères et sœurs, À la vue des crises, on éprouve parfois des impressions si profondes que le système nerveux en est ébranlé. En nous confiant leur enfant, le père et la mère avaient conservé pour lui le même amour, Nous en avons été témoins, et nos cœurs ont souffert avec celui de ces pauvres parents. Ils avalent voulu connaître Béthel, voir par eux-mêmes les soins quo nos malades reçoivent des directeurs, l'affection dont ils sont entourés et la vie de famille qui règne dans l'asile. Ajouterons-nous un détail ? Une chambre fut meublée dans Béthel par de pieux parents, désireux de venir visiter leur fils sans être à charge à l'asile auquel ils ont fait don de ce mobilier. Hélas ! la chambre était à peine meublée « que la vie de l'enfant était redemandée. Ni ces parents chrétiens, ni nous-mêmes, ne voudrions le rappeler ici-bas, et pourtant ce départ subit brisa leur cœur comme celui de nos chers directeurs. Le souvenir de cet aimable enfant, ainsi que le tendre intérêt des parents et leur amour pour Béthel, ne s'effaceront jamais, Peu de semaines avant ce départ, un autre cher garçon nous faisait ses adieux. Sa courte existence n'avait été qu'une longue épreuve. On me fit appeler lorsqu'il fut près de sa fin. J'entendis, on approchant de l'infirmerie, le chant de plusieurs cantiques, et je vis notre enfant entouré de ses camarades. — Des fleurs, des branches de laurier étaient sur son lit, il avait joint sa voix à celles de ses amis. Ensemble ils se préparaient à aller rejoindre les esprits bienheureux. La pauvre mère aussi était près du lit et couvrait de baisers ce fils qui lui disait :« Bonne mère, tu sais que je vais au ciel : — j'y serai si heureux et tu y viendras aussi. »

Nos épileptiques ne peuvent guère s'occuper qu'aux travaux du jardin : le grand air et l'exercice leur sont nécessaires et leur font du bien à tous lés points de vue. Quelques-uns ont pu se livrer aux travaux de la vannerie et réussissent bien.

Après leurs crises, si on ne les rationnait passifs mangeraient et boiraient de façon à se rendre malades. Nous devons les traiter comme de petits enfants.

Comme dans Ében-Hézer, des douches d'eau froide et des bains ont amené souvent de bons résultats. Il y en a qui ont peur de l'eau, et la seule menace de les mettre sous la douche les calme : d'autres aiment l'hydrothérapie et considèrent les douches comme le seul remède qui puisse leur faire du bien.

Il y a eu des cas de folie furieuse. Pendant quelques jours les cellules ont été occupées. On faisait alors parvenir à ces pauvres garçons leur nourriture par le guichet. — Parfois le garçon le plus doux, le plus inoffensif, devient, après ses crises, le plus dangereux. Quel mystère que cette maladie, mais en môme temps que de devoirs à accomplir auprès de ces êtres placés sous une puissance que nous ne connaissons pas !



Les Asiles de Laforce
(1878)
Asiles de Laforce : liste des bâtiments & résidents

La Famille - Béthesda - Ében-Hézer - Siloé - Béthel - Le Repos - La Retraite - La Miséricorde

Notice historique de la fondation des Asiles de Laforce par John Bost (1878)

John Bost : index des documents

index | contact
Lexilogos