Ami Bost
Encyclopédie des sciences religieuses
dirigée par Frédéric Lichtenberger
(1877)
BOST (Paul-Ami-Isaac-David) est né à Genève le 10 juin 1790. Son père, membre de la Société morave, l'envoya pour son éducation à
Neuwied, où il passa quatre années. De retour à Genève, il suivit les cours du collège et de l'académie, et fut consacré en 1814. Il embrassa
de bonne heure les doctrines du réveil, dont il devint un des chefs, sans toutefois se ranger entièrement aux vues plus étroites de quelques-uns
de ses amis. Comme il ne pouvait pas compter sur un prochain appel de l'Eglise de Genève, à cause de divergences dogmatiques avec la Compagnie,
il accepta une suffragance à Moutiers-Grandval (Berne), où il passa deux ans ; puis commença sa rude carrière d'évangéliste, sous les
auspices de la Société continentale de Londres (1818-1825). Il visita successivement l'Allemagne, la France et la Suisse, et rentra à Genève
en 1823. Renonçant à la vie de missionnaire, il devint l'un des pasteurs de l'Eglise indépendante du Bourg-de-Four, et fonda à Carouge une
communauté indépendante qui subsista pendant quelques années. Ayant écrit à cette époque deux brochures dans lesquelles il accusait la Compagnie
des pasteurs d'avoir violé les Ordonnances ecclésiastiques, et d'avoir sciemment dénaturé la foi de l'Eglise, il fut traduit en police
correctionnelle (1826) et condamné à l'amende pour expressions injurieuses envers un corps respectable de l'Etat (Défense
des Fidèles de Genève, etc., Lyon, 1825). L'œuvre du pastoral que Bost accomplit successivement à Genève (1825-1826), puis à Carouge (1828-1837),
n'aurait pu suffire à sa brûlante activité. Il composa, dans cet intervalle, quelques-uns de ses beaux cantiques. Il entreprit aussi d'importants
ouvrages de littérature religieuse, notamment l'Histoire
des frères de Bohème et de Moravie (Genève, 2 vol., 1831) et la traduction française de l'Histoire
générale de l'établissement du christianisme, de Blumhardt (Valence, 1838, 4 vol. il fit dans le même temps des courses missionnaires,
en Suisse et en Savoie, sous les auspices de la Société continentale d'Edimbourg et de la Société baptiste de Londres. En 1810, Bost fut réintégré
sur sa demande dans l'Eglise nationale de Genève, et quitta cette ville pour desservir en France l'Eglise d'Asnières-les-Bourges. Nommé trois
ans plus tard aumônier de la maison centrale à Melun, il conserva ce poste jusqu'en 1848. Il se retira dès lors du ministère, revint à Genève
en 1866, pour y surveiller l'impression du recueil qui renferme toutes ses compositions musicales, et mourut à La Force le 14 décembre 1874.
Nature mobile et complexe, tour à tour raisonneuse et mystique, hardie et timide, belliqueuse et sentimentale, Bost a laissé dans ses Mémoires
pouvant servir à l'histoire religieuse des Eglises protestantes de la Suisse et de la France (2 vol. in-8° 1854-1856) de précieux documents
sur sa vie si pleine et si mouvementée.
Voyez Guers, Premier réveil à Genève, 1871 ; Semaine religieuse, janv. 1875 ; Eglise libre, 9 avril 1875, etc.
![]() |
Ami Bost : photographies & gravures | |
![]() |
Revue de théologie et de philosophie de la Société suisse des sciences humaines : nécrologie d'Ami Bost (1875) | |
![]() |
Larousse du XIXe siècle : Ami Bost | |
![]() |
critique des Mémoires d'Ami Bost : article paru dans la Revue Suisse (1854) | |
![]() |
famille Bost : index des documents |