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Ami Bost





Mémoires d'Ami Bost
Depuis ma naissance jusqu'à ma consécration
de 1790 à 1814 (de 1 à 24 ans)


Jusqu'à l'âge de 19 ans

Aimer Dieu et le servir, vivre en sa présence selon sa 1790 sainte parole, chercher avant tout le royaume des cieux à et sa justice, tel est le but et le caractère de tout réveil, 1802 parce que c'est le but et le caractère du christianisme dans ce monde : toi a donc été aussi l'objet du réveil à dont j'entreprends de raconter la naissance et de suivre les développements, dans la petite part que j'y ai prise.

Je sais que ce qu'on attend surtout de moi dans cet ouvrage, c'est l'histoire de ma vie publique. Je ne rapporterai donc ici, de ma jeunesse et des temps qui précédèrent mes missions en Allemagne et en France, que ce qui touche plus ou moins à l'histoire du réveil ; on pourra voir plus de détails dans le Supplément du présent écrit. [1]

Je suis né à Genève, en 1790 (10 juin), de parents réduits à la dernière pauvreté par les persécutions de Rome. Leur aïeul avait été obligé de quitter la France (Beaumont en Dauphiné), on y laissant tous ses biens, caché, me dit-on, dans un char de fumier, pour se soustraire aux cruautés de cette église qui se donne pour être l'église sainte par excellence ! Néanmoins mon père, qui voulait me donner plus d'éducation qu'il n'en avait reçu lui-même, m'envoya dans un institut de frères moraves à Neuwied, près de Coblence (de 1798 à 1802). Ce n'est pas là, pour parler avec une rigoureuse exactitude, que je reçus mes premières impressions religieuses, qui datent de l'âge de trois ou quatre ans ; mais c'est pourtant à Neuwied qu'elles se développèrent d'une manière bien décidée. Et comme mon père lui-même avait été amené à la piété par les Frères, c'est bien à ceux-ci qu'il faut faire remonter les premiers germes du mouvement qui éclata plus tard à Genève, quoique ce mouvement n'ait pris chez eux que son point de départ, et nullement son caractère ni sa vigueur. On sait que Zinzendorf avait fondé dans cette ville, en 1741, un troupeau d'environ six cents personnes. L'œuvre avait rapidement décliné ; et, en 1800, ce troupeau ne complait plus, outre mon père et moi, que quatre ou cinq pauvres femmes et un vieillard des vallées du Piémont. Il a achevé de se fondre dans l'œuvre nouvelle.

Cependant il reste vrai que c'est dans cette œuvre mourante que se trouvent les premiers germes du réveil évangélique de Genève, puisque c'est à mon père, membre de ce troupeau, que se rattachent incontestablement ces germes, et que, élevé à Neuwied chez les frères moraves, depuis l'âge de huit à douze ans, je me suis trouvé ensuite, je ne dis nullement l'auteur, mais le premier né de cette œuvre religieuse qui a pris le vaste développement que nous avons maintenant sous les yeux.

Si nous cherchons, dans l'ordre des temps, l'époque où ce mouvement a commencé, c'est vers 1802, au moment où je revenais de Neuwied, que nous la trouvons : car c'est dès ce moment que se formaient de petites réunions d'édification, précurseurs de cette Société des Amis dont nous aurons à reparler plus loin, et dont M. le pasteur Guers a pu dire avec quelque raison, mais en ne reculant pas encore assez dans l'histoire, « qu'elle marque le commencement du nouveau réveil et qu'elle en fixe la date avec précision. » (Vie de Pyt, page 9). Cette société, dis-je, ne fut que la suite de plusieurs tentatives antérieures du même genre que mon père ne cessait de faire dès l'époque que je viens d'indiquer. Arrêtons-nous donc quelques moments à cette date intéressante pour nous faire de la chose des idées justes et précises.

Ni mon père, ni personne d'autre dans tout Genève, ni à peu près, à ce que je pense, sur tout le continent, ne savait alors ce que c'était que dissidence. Pour ce qui concerne mon père en particulier, il avait le caractère trop liant, sa théologie était trop simple et s'attachait trop étroitement aux vérités purement édifiantes pour qui l'ait jamais conçu alors, ni même bien compris plus à tard, aucune question ecclésiastique. Et nous tous qui avons formé le noyau du réveil quand il a éclaté, nous étions à cet égard dans la même ignorance, ou si l'on veut, dans la même innocence. Quand mon père fondait constamment ses petites réunions religieuses, et que, plus tard, nous y prenions une part active, nous cédions donc les uns et les autres à un simple besoin instinctif de piété ; et il y avait dans toute notre conduite si peu de formalisme que jamais en sa vie mon père, dont il s'agit surtout dans ce moment, n'a songé à faire un discours ni à présider une seule assemblée. Les réunions dont je parle étaient le plus souvent des soirées, surtout des soirées du dimanche, qui se passaient sous forme de conversation libre, sauf quelques lectures édifiantes et quelques chants. Il n'y avait aucune forme de culte proprement dite.

La piété de mon père avait le caractère qu'on trouve souvent chez les personnes qui n'ont pas connu un réveil : c'était une piété moins théologique, moins agressive, et qui se mêlait avec moins d'effort à toute la vie, que celle qui surgit plus tard. La foi était entée en lui sur un caractère doux, sans profondes passions ; et il passait des plaisirs innocents aux sentiments religieux, sans pour ainsi dire changer de terrain. Toute sa vie était simple. Il se levait toujours de grand matin ; en hiver entre cinq et six heures, en été vers quatre heures. Dès qu'il avait fait son tour de promenade, fût-ce dans la neige, par les froids les plus rigoureux, il se mettait à tailler des plumes pour sa classe d'écriture. En été il rafraîchissait les tiges des bouquets de fleurs que ses élèves lui apportaient alors en abondance ; et pendant tout ce temps il chantait continuellement et presque exclusivement des cantiques ou des psaumes. J'en indique ici quelques-uns :


Que sans terreur je puisse au bout de ma carrière
Voir le trépas....
Qu'est-il pour l'homme juste ? Un tranquille passage
À des jours plus heureux, etc...
ou bien :

Ô Toi dont je tiens l'être,
Toi qui règles mon sort,
Seul arbitre, seul maître
De mes jours, de ma mort,
Je t'offre les prémices
Du jour qui luit sur moi,
Et veux, sous tes auspices,
Ne le donner qu'à toi !
ou :

Brillante étoile du matin, etc...
ou :

Le suivre pas à pas,
L'aimer, lui plaire, etc...


et bien d'autres semblables. Il vivait, pour ainsi dire, dans le chant des cantiques ; et mes sœurs et moi nous avons toujours senti les souvenirs de notre enfance parfumés, j'oserais dire, de la poésie de ces temps passés, si ce mot de poésie n'était si indignement déshonoré en nos jours par des productions bien peu poétiques.

On conçoit que ce caractère devait favoriser les bonnes impressions que j'avais reçues à Neuwied. Pendant les deux ou trois années qui suivirent mon retour de cette pension, je ne rencontrais pas une personne sans demander à mon père, lorsque je me trouvais avec lui : « Est-ce que cette personne aime le Sauveur ? » — Je crois même qu'il finit par me le reprocher un peu.

Pour en finir sur ce qui regarde cet ami de mon enfance, un seul trait suffirait presque pour le caractériser ; il avait constamment à la bouche cette charmante maxime : « Quand on n'a pas ce qu'on aime, il faut aimer ce qu'on a. »

Je ne me serais pas permis de parler si longuement de mon père, si je n'avais cédé en cela qu'à l'amour à filial. Mais, comme on ne se trouve jamais sans émotion à la source d'un grand fleuve, quelque obscure qu'elle soit en elle-même, j'aurais cru faire un acte d'ingratitude envers Dieu en ne m'arrêtant pas quelques instants sur la vie de l'homme, d'ailleurs si humble, auquel se rattache en grande partie, quant aux hommes, l'œuvre étendue du réveil français.

Je dis quant aux hommes ; mais on entrevoit déjà par ce qui précède que ce réveil se préparait évidemment à l'insu des instruments mêmes que Dieu y employait. On a fait quelque part cette observation saisissante, et qui s'applique aux petites choses comme aux grandes. « Notre horloge sonne à chaque nouvelle heure qui finit et qui commence ; mais le temps n'a pas d'horloge pour annoncer à l'univers la fin d'une ère et le commencement d'une autre. » Cette observation est vraie et d'une application générale. Entre le 31 décembre, par exemple, et le 1er janvier, la terre roule silencieusement dans l'espace et commence une nouvelle année, ou même un siècle nouveau, pendant que la moitié du genre humain est endormie ou s'étourdit dans les plaisirs. Il en est de même pour de plus grands évènements. À quel moment précis le christianisme a-t-il succédé au judaïsme ? Est-ce à la naissance ou à la mort de Christ ? le jour de la Pentecôte ? le jour de la conversion de Corneille ? de la ruine de Jérusalem ? — À quel moment fixer la chute de l'empire romain ? le commencement de la Réformation ?

Il en est encore ainsi de l'objet qui nous occupe en particulier. L'éclat du réveil religieux de Genève eut lieu dans les années 1816 et 1817 ; c'est en 1810 que se firent sentir ses premiers mouvements ; mais c'est déjà vers 1802 que Dieu en jetait les germes dans nos cœurs.

Il est d'autant plus permis de regarder ce moment-là comme un moment solennel, que c'est, depuis la réformation, celui où la foi, arrivée au degré le plus bas de sa décadence dans les églises de la langue française, recommençait son mouvement ascensionnel. La piété qu'avaient d'abord apportée à Genève les saints martyrs et les prophètes des Cévennes et du Dauphiné expirait ; le réveil des Moraves même s'éteignait ; et voilà de nouveaux témoins et une nouvelle œuvre qui apparaissent : d'abord la petite église du Bourg-de-Four, puis celle de M. Malan, puis la Société évangélique avec ses travaux étendus...

Mais je rentre dans le récit des choses inaperçues d'alors, dont j'ai seulement voulu consigner l'existence.

Quant à ce qui me concerne personnellement, ma vie commençait, vers 1805, à se montrer déjà fort mélangée ; car cette époque me rappelle également de beaux cantiques, hélas ! et des lectures ou des pensées bien mondaines qui venaient m'occuper presque simultanément. En fait de cantiques c'était :

Que du chrétien la vie est belle....
ou ce cantique déjà cité :

Que sans terreur je puisse au bout de ma carriere
Voir le trépas,
paroles qui portaient une très-belle musique ; puis cet autre :

Heureuse l'âme où règne l'innocence
Et qu'embellit sa première beauté !
Non ! Les attraits d'un monde si vanté,
Les vains plaisirs qu'enfante l'opulence,
N'ont rien d'égal à sa félicité ;
ou encore ce cantique du matin, pareillement cité plus haut :

Ô Dieu dont je tiens l'être, etc...
et enfin de nombreux cantiques des Frères :

Le suivre pas à pas, etc...
Il est notre modèle, etc...


D'un autre côté, hélas ! c'étaient les deux hommes dont parle l'Écriture, qui se développaient en même temps l'un et l'autre. Ceux qui ont passé tout d'un coup de l'amour du monde à l'amour de Dieu, ou ceux dont la nature est plus calme, moins impressionnable et moins passionnée, ceux-là se figurent difficilement une vie chrétienne entachée du mélange de sentiments que je décris : mais ces personnes n'auraient qu'à se connaître mieux elles-mêmes pour sentir la vérité de ce que j'avance ici en parlant d'un cœur partagé.

Heureusement que les affections même selon le monde, que je commençais à éprouver alors, prenaient cette teinte un peu mélancolique qui s'éloigne, moins que la légèreté, des sentiments religieux. Je ne pourrai éviter de revenir quelquefois sur cette disposition de ma nature, qui m'a poursuivi même au plus fort de mon activité. Pour le moment je n'en citerai qu'un trait qui me semble singulier. Dès l'âge de treize ans, j'ai versé, pendant de longues années, des torrents de larmes dans la prévision de la mort de mon père. Même après mon mariage, encore à l'âge de 26 ou 27 ans, j'ai pleuré aux sanglots le décès futur de cet être que j'aimais tant, et qui pourtant n'est mort qu'en 1843 ! Je l'ai donc ainsi pleuré pendant quarante ans. Voilà ce que c'est que de s'inquiéter pour le lendemain.

Il est probable que ce penchant aux pleurs, même appliqué aux émotions religieuses, peut nous faire illusion sur notre piété. L'expérience nous prouve qu'on peut s'y livrer, y résister, ou les provoquer. Les Frères moraves en particulier, chez lesquels j'avais passé quatre ans, donnent, je crois, à cette sensibilité, surtout quand elle porte sur le souvenir des souffrances de Jésus, plus de valeur qu'elle n'en a peut-être réellement. Chez eux, cette émotion est particulièrement sensible dans la semaine qui précède Pâques. Là, et nommément dans l'assemblée du vendredi soir, au moment où se lisent les paroles : « Et ayant baissé la tête il rendit l'esprit, » le lecteur ne manque jamais de s'arrêter ; toute l'église tombe à genoux ; il n'y a plus de paroles ; il n'y a plus que des larmes... Et la scène est tellement émouvante qu'en écrivant ces lignes je suis repris par cet attendrissement.

Mais c'est ce dernier fait lui-même qui montre que, si cette émotion peut avoir son côté vraiment religieux, elle a aussi son côté simplement contagieux, simplement physique. C'est ce que m'apprit plus tard ma petite philosophie de treize, de quatorze et de quinze ans, lorsque je fus revenu de Neuwied. À Genève aussi nous avions, quoique en tout petit nombre et très-inaperçus, nos assemblées de semaine sainte : là aussi, comme d'autres, je cédais abondamment pendant les premières années à cet attendrissement ; mais, je le répète, — soit la simple réflexion, qui me faisait trouver assez singulier qu'on pût pleurer ainsi à jour fixe, — soit, surtout, que je m'aperçusse que ma conduite n'était pas toujours sainte à proportion de l'attendrissement que j'avais éprouvé,— je compris bientôt qu'il ne faut pas prendre des émotions de ce genre pour mesure de sa piété. Seulement j'ai pu voir encore plus tard, à quelles continuelles oscillations sont soumises notre pauvre logique et notre pauvre nature ; car j'ai pourtant regretté plus d'une fois d'avoir tari volontairement les larmes de ce genre ; et j'ai senti qu'après tout, un homme qui pleure est plus accessible à l'action de Dieu et à toute grande pensée qu'un homme qui est dans la joie ou dans l'aridité. « Heureux les pauvres, heureux ceux qui pleurent !... » Ô ! Seigneur, donne à nous donc des larmes qui te soient agréables ; et que nous sachions vivre de repentance et d'amour, et non d'études seulement !

La mention que je viens de faire de nos petites assemblées moraves, qui ne consistaient jamais que dans quelque lecture que faisait mon père, me ramène aux commencements du réveil. Vers cette époque (1802 à 1805), se joignirent à nous un frère Coulin (ce n'est pas le pasteur), puis, un peu plus tard, trois jeunes gens, qui figurèrent dès les premiers temps du réveil, MM. Empeyta, Guers, et quelquefois Gonthier ; puis Pyt, dont on connaît la biographie.

Je me rappelle, encore de cette même époque, un petit fait qui semble déjà indiquer un germe de dissidence. Il faut se souvenir du triste état où se trouvait alors la religion dans Genève, se rappeler le catéchisme d'alors (le petit), qui terminait la section sur la rédemption par cette question : « Que devons-nous en conséquence à Jésus Christ ? » et par cette réponse : « Nous lui devons beaucoup de respect, de soumission et d'amour, » et l'on concevra aisément qu'un adolescent, habitué à l'évangile, éprouvât une aversion fondée contre une pareille religion. Cependant je me rendais encore au temple ; nullement pour m'y montrer, mais pour le seul besoin de me trouver au temple, et parce qu'on n'aime pas à être absolument sans culte. Mais les catéchismes auxquels j'assistais ainsi étaient si peu édifiants, que je me rappelle y avoir une fois porté une feuille de papier de musique, et y avoir composé, sur mes genoux, un de mes premiers airs.



De 1806 à 1809 (de 16 à 19 ans)
Les années où nous entrons me conduisent à une jeunesse aussi dépourvue de direction que le fut mon à adolescence ; car mon père n'avait pas reçu assez d'éducation pour pouvoir diriger la mienne. Cette fâcheuse absence de direction se fit sentir vivement, soit sous le rapport scientifique, soit surtout sous le rapport religieux ; et l'époque où j'entre, époque qui se prolonge pendant quelques années, même après mon entrée au saint ministère, fut un vrai chaos où je passai tour à tour par des doutes, par des moments d'incrédulité, par toutes les nuances du rationalisme, au milieu d'un dédale d'affections et de travaux décousus, de littérature, de musique, d'ambition, de mauvaises lectures même, de penchants catholiques, de tendresse morave, d'enthousiasme mystique, de plaisirs mondains ; lisant comme je l'avais déjà fait précédemment, tour-à-tour, mais avec plus de mélange encore, la Bible, Gessner, Voltaire, Rousseau, Gresset, Florian, Calmet, Virgile, Gœthe, Gibbon, et couronnant tout cela par la consécration, que j'abordai dans ce triste état ! Cependant les bases du Réveil continuaient à se poser, lentement et à notre insu. Les assemblées moraves étaient par elles-mêmes sans aucun effet apparent ; mais il est probable qu'elles faisaient pourtant quelque bien, soit en fournissant un petit point de ralliement à ceux qui avaient quelque besoin religieux, soit en appelant à Genève, une fois ou deux par année, quelque frère visiteur de cette église, surtout l'excellent Mettetal, une de ces âmes que j'ai appelées quelque part des âmes à « vendues au ciel. » — Puis, il y avait toujours ces petits essais, sans cesse renaissants, de réunions religieuses que formait mon père, avec la patience infatigable du simple instinct et de l'instinct le plus innocent : car je dois repousser encore une fois l'idée qu'il songeât alors, lui ou aucun de nous, à une dissidence : l'œuvre qui se préparait à cette époque, et qui s'est continuée plus tard, était due à la force des choses, et nullement à l'action personnelle de qui que ce soit au monde. Nous ne savions ce que c'était que dissidence ; nous ne connaissions, en ce genre, que le système morave et celui de Spener et des Wesleyens, ecclesiolœ in ecclesia, de petites associations dans la grande : toutes nos assemblées avaient lieu entre les services publics ou le soir.

Je viens de dire nous, parce que c'est dans ces années que je me liai plus décidément avec les quelques amis que j'ai indiqués plus haut, et qui formèrent plus tard le noyau de la nouvelle église. Cependant toute l'œuvre était encore vague et faible au plus haut degré.

Voilà mes deux années de philosophie passées, et une nouvelle phase qui s'ouvre, l'entrée en théologie.



De 1809 à 1814 (de 19 à 24 ans)
J'entrai en théologie vers la fin de 1809. Cette époque se ressentait encore fortement du caractère de la grande révolution française, qui venait à peine de se terminer : la doctrine, quant à l'église, et les mœurs en général, étaient arrivées à un relâchement à dont on ne peut facilement se faire aujourd'hui une idée : la manière de vivre des étudiants, aussi bien des étudiants en théologie que des autres, y correspondait : les propos, les chansons, les dessins sur les bancs des auditoires, la conduite de quelques-uns, étaient au-dessous du tolérable. Quant à l'enseignement, il y a un fait qui domine tous les autres, et qui semblerait incroyable, mais qui est authentique. Pendant les quatre ans que nous passions à étudier la théologie, et sauf l'usage qu'on était obligé de faire de l'ancien testament pour apprendre un peu d'hébreu, en traduisant environ cent psaumes pendant ces quatre années, on n'ouvrait pas la bible dans nos auditoires : ce livre y était inutile et inconnu ; en d'autres termes, il n'entrait pas dans les cours ; et, sauf son usage comme thème de langue, on pouvait ne pas le posséder ! Sans doute on nous en parlait quelquefois, soit pour nous y montrer quelques beautés poétiques ou des mouvements oratoires, soit pour appuyer les dogmes qu'on appelait de religion naturelle, même celui d'une résurrection et d'un jugement à venir : mais, à part cela, rien. Et quant au nouveau testament en particulier, comme plusieurs de nous savaient le grec, et que les autres étaient censés le savoir, ce livre ne paraissait ni comme thème de langue, ni autrement. Aucun cours non plus, ni bon ni mauvais, de dogmatique chrétienne : c'était le déisme pur ; et j'ose bien dire que, sauf la franchise qu'on n'y mettait pas, c'était un déisme impudent.

Voilà les études, voilà l'atmosphère d'où Dieu a tiré, par sa grâce merveilleuse, la plupart des pasteurs et des ministres qui ont le plus figuré dans le réveil, et dans leur nombre MM. Guers, Empeyta, Malan, Gaussen, à Merle, Galland, et l'auteur du présent livre. J'étudiais, jour pour jour, à la même époque que M. Gaussen ; M. Malan nous avait devancés de 2 ou 3 ans ; MM. Galland et Merle nous suivaient à un an ou deux de distance.

Sous le rapport scientifique c'était la même misère ; et il ne pouvait en être autrement. On ne cultivait alors en théologie un peu soigneusement que l'art oratoire ; et encore négligeait-on complètement, en ce point, le fonds des idées, puisque à côté de Saurin, on nous donnait une masse de sermonnaires catholiques romains, Massillon, Bourdaloue, Bossuet, Réguis, avec toutes les erreurs que ces prédications recouvraient de leurs belles paroles.

Pour nous former à la piété nous n'avions donc de secours qu'en dehors de nos études, et particulièrement dans les petites assemblées auxquelles tout nous ramène sans cesse, et qui formaient à notre malheureuse position un léger correctif. C'est vers ce temps (1810) que fut fondée cette Société des Amis, mentionnée précédemment. Elle n'a pas duré jusqu'à l'éclat du Réveil en 1816 ; mais elle prit alors un peu plus de solidité qu'aucune des précédentes, et nous allons la retrouver dans un moment. Elle se composait uniquement d'hommes, surtout de jeunes gens, et elle comptait une vingtaine de membres. On conçoit le triste effet que, dans cet état de choses, mes études théologiques devaient produire sur moi, déjà si mal dirigé et si plein de contradictions. D'un côté, je tâchais, lorsqu'il fallait composer des sermons, de faire un peu d'art oratoire ; de l'autre, j'avais dès-lors au fond de l'esprit, en fait de rhétorique, le principe dans lequel je me suis enraciné de jour en jour, savoir que, l'évangile étant en lui-même une puissance de Dieu et une action surhumaine, il faut le prêcher sans aucune préoccupation littéraire, sans aucun calcul de rhétorique. J'ai trouvé plus tard ce principe tel quel dans Pascal, qui à dit ouvertement, dès le début de son admirable écrit sur l'Art de persuader :

« Je ne parle pas ici des vérités divines, que je n'aurais garde de faire tomber sous l'art de persuader ; car elles sont infiniment au-dessus de la nature : Dieu seul peut les mettre dans l'âme, et par la manière qui lui plaît. » (Pensées, édition de Faugère).

Ce tiraillement produisait chez moi, en résultat, quelque chose de fort médiocre ; et j'ai passé longtemps auprès de mes collègues et dans le public, pour plus borné que je ne l'étais réellement.

Au milieu de cette décadence de l'enseignement et de toutes ces infidélités de ma part, je me portais cependant pour défenseur de l'orthodoxie, et j'étais alors dans l'auditoire le seul qui remplit ce rôle pénible et périlleux : car M. Gaussen, qui s'acheminait déjà vers la vérité, n'était pourtant pas encore très-déclaré. Mais je défendais l'orthodoxie plus comme théologien que comme chrétien, et sans aucune onction.

Comme exemple de plus des continuelles contradictions de ma pauvre vie d'alors, je dirai qu'à côté de mes lectures de Virgile et de Voltaire, et au milieu de toutes sortes d'attachements et de projets ou de plaisirs futiles, je composais (en 1811), du 1er au 4 octobre, pour notre Société des Amis un morceau très développé et assez sérieux contre la danse. J'ai encore cette pièce, dont je donne un passage dans le 3e volume. Elle commence académiquement par « messieurs, » mais elle arrive vite à « mes frères. » C'est évidemment une pièce médiocre, mais qui peut intéresser comme document. J'y vois, en souriant, ce style à amplification qui n'est certes pas dans ma nature, et dont je sentais dès-lors la monotonie, mais auquel j'étais arrivé involontairement par la à lecture assidue et tuante de Massillon, qu'on m'avait recommandée !

Je trouve dans ce même discours une note qui renvoie à « l'article 4 de nos règlements ; » — ce qui confirme ce que je viens de dire, que la société avait déjà pris quelque consistance, et que nous faisions aussi des règlements ! Du reste, cette société n'était pas strictement orthodoxe ; je me rappelle qu'au grand scandale de quelques-uns d'entre nous, qui étions déjà plus éclairés, un brave homme nous apporta un jour avec admiration une pancarte intitulée : « des devoirs de l'honnête homme. » Dans mes papiers de cette époque, je vois encore une conclusion d'un rapport fait à la Société du dimanche (la même que celle des Amis), cinq semaines plus tard, le 3 novembre 1811, par feu notre frère Empeyta. Toutes ces choses sont maintenant pour nous des reliques intéressantes. Il y avait dans son morceau moins d'amplification que dans le mien, et l'on y trouvait moins le caractère littéraire ; mais on y sentait davantage le tempérament religieux.

Dans ces années de théologie, un M. de Végobre, réfugié français, ou Français de naissance et membre du consistoire de Genève, recevait de temps en temps chez lui les étudiants en théologie pour leur parler, non de religion ni de piété, mais de littérature. C'est dans une de ces réunions que je conçus une de ces pensées risiblement gigantesques qui se présentent à l'esprit de gens qui se sentent quelques moyens, et qui n'ont pas encore eu occasion d'en reconnaître les bornes en se mettant à l'œuvre, ou qui trouvent toujours quelque raison particulière pour excuser leur faiblesse lorsqu'ils en ont donné une preuve. M. de Végobre nous exhortait à profiter de nos vacances pour faire quelque travail un peu sérieux et considérable. Nous n'avions plus à disposer que de trois semaines. — « Je veux faire une tragédie en vers, » lui à dis-je. — Il sourit et se récrie. — « Pourquoi pas ? lui répondis-je gaîment ? Voltaire n'a-t-il pas fait Zaïre dans cet espace de temps ? » — Il faut se souvenir que je suis né Génevois.

Au milieu de tout cela, que faisait le réveil ? Je vois dans la vie de Pyt (page 9), un morceau qui vient répondre à cette question, et qui se place ici par l'ordre des temps. Le mouvement religieux continuait évidemment à couver dans les esprits ; M. Guers écrivait dans son journal, à la date du 30 novembre 1812 : « Un excellent sermon de M. le pasteur Moulinié, sur les mœurs des premiers chrétiens, nous a engagés, Pyt, Empeyta et moi, à secourir les pauvres et les affligés par tous les moyens que le seigneur mettrait à notre disposition. »

On voit par ces quelques mots que, pour ce moment-là du moins, mes rapports religieux avec mes amis s'étaient affaiblis. Et en effet je continuais à vivre dans les contrastes dont la description souvent répétée pourrait lasser le lecteur. Outre tout ce que j'ai déjà indiqué en ce genre, mes souvenirs de cette époque me rappellent trois choses bien différentes qui m'occupaient à la fois et qui achèvent le tableau de ma vie bigarrée.

1° Composition de la musique du grand morceau : « Je dirais les douleurs, » une de mes meilleures productions musicales, inédite ;

2° Talma ! j'en dis quelque chose dans le Supplément ;

3° Madame de Krudener. C'est en 1813 que cette femme célèbre vint à Genève pour la première fois. Elle produisit, sur moi en particulier, une profonde impression. Sans doute elle se montait un peu elle-même ; elle cherchait à arriver aux miracles par l'échauffement, et en se battant les flancs : mais je à passais par dessus ce côté de son ministère. Non que j'aie jamais douté de la parfaite possibilité des miracles, en nos jours comme en ceux des apôtres : au contraire, je suis convaincu, et je l'étais déjà alors, qu'il s'en est fait dans tous les temps, et qu'il s'en fait aussi de nos jours ; mais madame de Krudener n'en faisait pas. Cependant elle avait un fond de foi et de charité si réel et si grand, qu'il lui était facile de produire de l'effet sur toute âme bien disposée ; et, grâce à Dieu, je l'étais grandement, au milieu de toutes mes faiblesses et de toutes mes infidélités ; comme je le suis encore à présent.

Quant aux évènements généraux, cette époque était bien solennelle. L'Europe était alors tout entière ébranlée. La campagne de Russie venait d'avoir lieu. En cinq mois, quel rêve ! en cinq mois Napoléon avait passé le Niémen à la tête de cinq cent mille hommes, atteint Moscou, et repassé la Bérésina à la tête de quarante mille. Le moment où je me rencontrais avec Mme de Krudener était celui des batailles de la Katzbach, de Culm, de Dresde et de Leipsick.

Hélas ! je faillis alors m'engager dans les rangs des alliés ; et je ne fus retenu d'exécuter ce projet que par l'amour que je portais à mon père, dont le cœur eût été déchiré de voir tomber ainsi d'un seul coup toutes les espérances qu'il avait fondées sur moi, et pour lesquelles il avait fait tant de sacrifices.

Le 30 décembre de cette même année 1813, les Autrichiens entraient à Genève ; et la pauvre Genève croyait reprendre vie. Mais elle allait mourir, peu d'années après, de la longue consomption du socinianisme, et sous les coups avilissants du radicalisme et des paroisses catholiques romaines qu'on adjoignit à notre patrie ; ces dernières n'ayant pas honte, depuis lors, de trafiquer de leurs votes entre les deux partis politiques qui divisent la République, et de se vendre ouvertement à celui qui leur offre le plus d'avantages. Mais l'Église du pape n'a pas peur du bonnet rouge quand elle y trouve son profit !... Voyez comme ce clergé a béni, lâchement béni les arbres de la liberté en 1848 ! Et prenez-en note !...

Ces grands mouvements du monde d'alors ne sont pas étrangers à ma biographie personnelle. Napoléon, ramené sur la France, se défendait en désespéré contre la première invasion des alliés. Les Autrichiens, qui s'étaient avancés sur Lyon, subirent quelques échecs, et reculèrent jusqu'à Genève (février ou mars 1814). Nous fûmes bloqués ; et je vis, un soir, un combat au pied de Salève : les feux des deux partis se distinguaient sensiblement par leurs couleurs ; bleuâtres d'un côté, jaunes de l'autre. Genève était donc entourée de troupes ; et c'est, littéralement, au bruit du canon que la volée d'étudiants à laquelle j'appartenais fit une des compositions exigées pour les grands examens. On conçoit comment tout se traitait alors ! Quelques-uns de nos professeurs n'étaient pas hommes à se laisser jeter de la poudre aux yeux ; mais on entendait le canon, on eut pitié de nous ; et je passai, comme d'autres qui ne firent pas mieux. (V. Supplément, n° 1, vers la fin.)

Le 10 mars 1814 eut lieu ma consécration. Ce furent deux sociniens qui signèrent mon diplôme d'aptitude à prêcher l'évangile. Ils s'en repentirent plus tard. Le 30 mai, paix générale, signée à Paris ; et Napoléon se rend dans l'île d'Elbe. Le 27 août, mon mariage. Mon père me laisse à cette occasion une partie de son institut. J'ai passé rapidement sur les quatre ans de mes études théologiques, parce que c'est, comme l'époque précédente, une pauvre époque d'un souvenir pénible.

À côté de pensées très rationalistes, dont je trouve à des traces abondantes sur les marges de mes livres, il me restait, il est vrai, un fond et une persuasion orthodoxes : mais, je l'ai déjà confessé, j'exprimais ces sentiments avec peu d'onction ; et mes professeurs me trouvaient désagréable.

Du reste, je me rappelle, à cette occasion, un nouvel exemple de la décadence où se trouvait alors la pauvre église de Genève. Un de nos professeurs, parfait honnête homme, humainement parlant, mais franc déiste en théologie, me dit un jour au sujet d'un de mes sermons sur le péché originel : « Voyez, M. Bost, tout cela est très-bon ; mais ce n'est pas ainsi qu'il faut prêcher ! » C'est à cette même époque que j'ai entendu faire un sermon dont l'objet était de prouver, par l'histoire des noces de Cana, que nous devons nous donner du plaisir dans cette vie, et même y engager les autres ! Oui, ce furent là les deux parties et l'objet avoué du sermon ! (note 1) Mais revenons à notre Genève de 1814. Le réveil, au devant duquel nous marchons à grands pas, ne faisait encore point d'éclat : seulement nos petites assemblées commençaient à inquiéter la Compagnie, notre clergé, plus clairvoyant en cela que nous-mêmes. Je me souviens d'un jour où M.le pasteur C. vint chez mon père, pour lui demander de discontinuer ces réunions. Peut- à être fut-ce cette démarche de sa part qui fit dissoudre la Société des Amis dont il a été question précédemment.

Quand je dis que le réveil n'éclatait pas encore, je me rappelle cependant, et très-distinctement, un fait assez important, quoique personne de nous n'en ait peut-être conservé la date, et qui peut être considéré comme un des premiers mouvements de ce réveil ; le fait eut lieu vers cette époque. Depuis longtemps mes amis et moi nous suivions peu régulièrement le culte public, parce qu'il nous édifiait fort peu, comme on a pu en juger, et que souvent il nous scandalisait. Nous ne savions encore le remplacer convenablement ; et ainsi nos dimanches se passaient souvent mal, à rôder de lieu en lieu et d'objet en objet, sans culte ni édification. Je me souviens que nous posâmes, en conséquence, au nombre de trois ou quatre qui nous trouvions réunis, ce principe et cette alternative. Il nous faut suivre un culte quelconque ; et prendre par conséquent l'un de ces deux partis : ou recommencer à fréquenter régulièrement celui qui existe, ou en établir un pour notre compte. Une expérience, et je puis dire une patience de plusieurs années, nous avaient appris que nous ne pouvions prendre le premier des deux partis ; nous nous décidâmes pour le second. — Je ne crois pas que cette résolution ait eu de suite immédiate : mais cependant j'ai un souvenir distinct de la chose ; et dans des évènements de ce genre chaque pas est digne d'intérêt.

Je terminerai l'histoire de cette époque en mentionnant le penchant qui nous portait vers le catholicisme romain, du moins mon ami Empeyta et moi. Le socinianisme est un système si bâtard, si terre à terre, si faux, si ennemi de tout sentiment élevé, et d'un autre côté la religion de Rome offre un système si complexe et si élastique ; à côté de son idolâtrie elle admet si bien la foi à un Sauveur, et elle proclame tellement la doctrine de la croix, que faute de mieux, et en présence de l'incrédulité générale, nous nous sentions portés vers elle. Nous allions très-souvent à Saint-Germain, seule église romaine qu'il y eût dans Genève ; nous aimions le parfum de l'encens, qui me rappelait, à moi, Neuwied, parce que les frères Moraves, sans avoir d'autel, ni même de chaire, dans leurs salles d'assemblées, y brûlent pourtant de l'encens en certains jours de fête : bref, toute la poésie de cette communion, d'ailleurs couverte du sang des chrétiens protestants, nous éblouissait, et nous passâmes plusieurs années combattus entre l'attrait que cette église exerçait sur nous par son élément chrétien, et la juste aversion qu'elle nous inspirait par son élément idolâtre. Je me rappelle même, que plus tard, après la formation de l'église du Bourg-de-Four, M. Empeyta, qui avait suivi Mme de Krudener pendant quelque temps, était encore tellement travaillé par un penchant vers cette église romaine, qu'il nous en parlait sans cesse, et que fatigué, je lui dis un jour : « Eh bien ! fais-toi catholique, et que ce soit fini ! » Il me répondit que je l'effrayais en lui donnant cette liberté ; et je crois réellement que dès lors nous n'en avons plus parlé, et n'y avons plus songé. Bien s'en faut, ajouterai-je.


Note de l'auteur :
(1) Qu'on me permette de faire incidemment, sur ce trait si mal compris de l'évangile, une réflexion bien simple, et que je suis surpris de n'avoir jamais rencontrée. A-t-on jamais entendu parler d'une noce, même chez les plus pauvres gens dès qu'ils en font une, où on se soit laissé manquer de vin ? Cela n'est pas dans la nature humaine : on mettrait plutôt ses habits en gage. Bien loin donc de voir, dans l'épuisement du vin qui eut lieu en cette occasion, la preuve qu'il y avait eu quelque excès, j'y vois précisément, au contraire, un exemple unique de pauvreté et de sobriété. Peut-être notre Sauveur avait-il attiré ce jour-là avec lui plus de monde qu'on ne s'y était attendu. Quoi qu'il en soit, je le répète, les hommes ne se laissent pas manquer de vin a une noce ; et le prédicateur dont nous parlons s'était fait une triste idée de l'état des convives de Cana, et, il faut le dire, de la conduite de notre Sauveur en cette occasion. Seulement on est péniblement surpris de voir, en nos jours, une femme pieuse insinuer les mêmes pensées et en termes qui ne brillent pas par la dignité, « il paraît que les convives n'étaient pas restés oisifs !... »

Ami Bost


suite : Depuis ma consécration et mon mariage, jusqu'à mon départ pour Moutiers-Grand-Val
mars 1814 à octobre 1816 (de 24 à 26 ans)

Notes :

1- Voir Supplément

2- Vie de Henri Pyt, ministre de la parole de Dieu, par Émile Guers (1850).

Henry Pyt a épousé la sœur d'Ami Bost

Mémoires par Ami Bost (1854) : I & II - III (supplément)

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