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Bost


Grand dictionnaire universel du XIXe siècle
par Pierre Larousse
(1866-1877)




BOST (Ami), pasteur protestant, né à Genève le 10 juin 1790, de parents réfugiés, originaires de Beaumont, près de Valence (Drôme). Il fit ses études de théologie à Genève, puis devint pasteur à Moutiers (canton de Berne), et passa plusieurs années en Alsace et en Allemagne, en lutte ouverte avec le clergé protestant, qu'il accusait de professer les hérésies d'Arius ou de Socin. Il était à Genève lorsque, vers 1820, eut lieu ce mouvement religieux qui prit le nom de Réveil et qui était un contre-coup de la réaction religieuse de l'Angleterre et de l'Allemagne. Ses sympathies marquées pour les nouveaux prédicateurs qui accusaient d'indifférence le clergé de l'Eglise nationale, le forcèrent à quitter cette Eglise. Il eut à soutenir alors de violentes polémiques, au milieu desquelles il rencontra un adversaire aussi instruit que spirituel, M. le professeur Chenevière. Après de nombreuses missions évangéliques en Suisse, M. Ami Bost rentra dans le clergé de Genève, dont il croyait que l'esprit s'était modifié. Depuis, il a été pasteur à Bourges (1843), et aumônier des prisons à Melun (1846).

Ses ouvrages principaux sont :
Défense des fidèles de Genève (1825) ;
Procès du ministre Bost (1827) ;
Histoire ancienne et moderne des Frères de Bohême et de Moravie (1831, 2 vol.) ;
Recherches sur les formes et la constitution de l'Eglise (1834) ;
Histoire générale de l'établissement du christianisme (1838, 4 vol.).
M. Bost fit réimprimer en 1847, le Théôtre sacré des Cévennes, avec une préface et des notes. Il a aussi publié des Mémoires (1864, 3 vol.). Les œuvres musicales de M. Bost ont été fort goûtées par les Eglises protestantes de langue française, qui les ont fréquemment adoptées pour leur culte. Elles ont été réunies en un volume, en 1866.




BOST (Jean-Augustin), fils du précédent, né à Genève en 1815, a publié un Dictionnaire de la Bible (1849, 2 vol. in-8°), qui a été réédité en 1864.

- Jean BOST, son frère, né à Moutiers (Suisse) en 1817, fit aussi des études théologiques et fût appelé à Laforce (Dordogne), pour desservir une congrégation protestante. Là , il a fondé successivement cinq établissements de charité, dont les principaux sont : la Famille évangélique, asile destiné aux jeunes orphelines, et Bethesda, où on reçoit des idiots ou des incurables. Ces établissements ont valu, à M. Jean Bost le prix Montyon en 1861.




BOST (Théophile), frère du précédent, né à Genève en 1828, à fait ses études théologiques à Strasbourg. Nommé d'abord pasteur évangéliste à Chôlons-sur-Marne, de 1852 à 1853, il devint ensuite professeur à l'institution Duplessis-Mornay, à Paris. En 1858, l'Eglise nationale de Verviers (Belgique) le choisit pour son pasteur ; il la dessert encore aujourd'hui. M. Th. Bost a publié, en 1855, une traduction. de l'ouvrage du docteur Ulmann sur la Sainteté parfaite de Jésus-Christ. En 1865, il a publié un livre intitulé : le Protestantisme libéral, livre que M. Rouland a dénoncé au sénat, le 2 mars 1866, comme subversif de toute religion chrétienne, et que le synode des Eglises réformées de Belgique avait attaqué en 1863. M. Bost est un des représentants distingués de cette partie du protestantisme qui travaille à la conquête de la liberté de conscience pleine et entière, qui ne veut plus de confessions de foi imposées, qui rejette le surnaturel comme inutile à la régénération du cœur et secondaire dans l'œuvre de Jésus, et qui, voyant dans le fondateur du christianisme un modèle qu'on ne dépassera jamais, se réclame de lui, et se le propose pour exemple, sans tenir compte des systèmes théologiques inventés sur son-œuvre et sur sa personne. En outre, M. Th. Bost a collaboré à la Revue de théologie publiée à Strasbourg depuis 1850, et au Disciple de Jésus-Christ, revue du protestantisme placée sous la direction de M. le pasteur Martin Paschoud.



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voir la généalogie des pasteurs Bost sur l'annuaire des pasteurs de France



 

Livres en ligne
  Dictionnaire de la Bible ou concordance raisonnée des Saintes Écritures, de Jean-Augustin Bost (1849)
  Lettre sur la peine de mort, réponse à M. le pasteur Bost, de Genève, par Victor Hugo, 17 novembre 1862
 
Dans les derniers mois de 1862, la république de Genève révisa sa constitution. La question de la peine de mort se présenta. Un premier vote maintint l’échafaud ; mais il en fallait un second. Les républicains progressistes de Genève songèrent à Victor Hugo. Un membre de l’église réformée, M. Bost, auteur de plusieurs ouvrages estimés, lui écrivit une lettre dont voici les dernières lignes :

La constituante genevoise a voté le maintien de la peine de mort par quarante-trois voix contre cinq ; mais la question doit reparaître bientôt dans un nouveau débat. Quel appui ce serait pour nous, quelle force nouvelle, si par quelques mots vous pouviez intervenir ! car ce n’est pas là une question cantonale ou fédérale, mais bien une question sociale et humanitaire, où toutes les interventions sont légitimes. Pour les grandes questions, il faut de grands hommes. Nos discussions auraient besoin d’être éclairées par le génie ; et ce nous serait à tous un grand secours qu’un coup de main qui nous viendrait de ce rocher vers lequel se tournent tant de regards.

Cette lettre parvint à Victor Hugo le 16 novembre. Le 17 il répondait à Augustin Bost.

     
     
  Le protestantisme libéral de Théophile Bost (1865) ou version gallica
     
  livres d'Ami Bost
  biographie de John Bost
     
  Grand dictionnaire universel du XIXe siècle par Pierre Larousse
     









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