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Léopold Nègre



    Léopold Nègre > critiques de sa thèse


Vie et ministère de Claude Brousson (1647-1698) par Léopold Nègre (1878) : livre en ligne (ou sur Gallica)

Introduction

Thèse publiquement soutenue devant la faculté de théologie protestante de Montauban en décembre 1877,
par Léopold Nègre, de Montpellier (Hérault), bachelier ès-lettres, aspirant au grade de bachelier en théologie.

CRITIQUES



La vie et le ministère de Claude Brousson (1647-1698), par M. Léopold Nègre (Fischbacher), est un livre d'édification au moins autant qu'un livre d'histoire. Il nous apporte cependant un nombre considérable de documents inédits, nous fait connaître en détail l'activité d'un des plus héroïques parmi les martyrs de la persécution qui suivit la révocation de l'édit de Nantes, ajoute plus d'un trait sinistre à la figure odieuse de Baville, et montre les protestants, si fidèles jusqu'alors à la royauté et à la France, ont été pour ainsi dire forcés de se jeter dans la sédition pour défendre leur conscience et leur vie.

Gabriel Monod, Revue historique, 1878



Au milieu de la nuée des témoins huguenots dont la foi ferme et l'héroïque courage parle encore si haut à leurs descendants, Claude Brousson occupe une place d'honneur par son zèle brûlant et son infatigable énergie. Il subit le martyre à l'âge de cinquante et un ans, et après avoir dès sa jeunesse témoigné d'une grande piété, il édifia jusqu'au dernier moment les témoins de son supplice. Grâce aux papiers de famille qui lui ont été communiqués, M. Nègre a pu donner une notice très intéressante et plus complète que les précédentes de cet intrépide serviteur de Dieu.

Feuille religieuse du Canton de Vaud, Lausanne, 1878




[...] Claude Brousson nous y apparait comme une grande et héroïque figure, comme il y en a eu plus d'une à cette époque et antérieurement dejà parmi les réformés français. Les pages que M. Nègre lui a consacrées, écrites simplement, sans prétention et sans déclamation, sont bien propres à faire comprendre la puissance que donne à un homme naturellement faible une foi forte et une conviction inébranlable. Nous n'aurons jamais trop de ces grandes et sublimes leçons que l'histoire du passé donne si souvent aux hommes et aux chrétiens du présent.
J. Cart, Le Chrétien évangélique, Lausanne, 1878






Bibliographie

Vie et ministère de Claude Brousson
d'après des documents pour la plupart inédits

par Léopold Nègre.

L'Église du Désert n'a pas de plus belle figure que Brousson, qui semble imparfaitement connu malgré sa juste popularité. Les archives de l'ancienne intendance de Montpellier conservent le dossier de son procès auquel M. le pasteur Corbière a fait d'heureux emprunts, et ses diverses requêtes au roi peu fait pour comprendre un langage qui allie la fidélité du sujet à la ferveur de l'apôtre prêt à donner sa vie pour sa croyance. La Bibliothèque de Genève garde en dépôt les lettres et mémoires dont s'est inspiré Antoine Court dans son histoire inédite des martyrs. Au milieu des vicissitudes de sa vie errante, Brousson lui-même composa d'assez nombreux ouvrages, publiés en Hollande, parmi lesquels la Relation sommaire des merveilles que Dieu fait en France pour l'instruction et la consolation de son peuple affligé, plaquette rarissime qui mériterait les honneurs d'une réimpression. L'âme de Brousson revit dans ces pages que l'on dirait détachées du siècle apostolique.

Quel ministère que celui de cet homme de mansuétude et de paix, traqué partout comme un vil malfaiteur, et ne laissant pas échapper une plainte contre ceux qui ont mis sa tête à prix ! — « D'ordinaire, a-t-il écrit sur lui-même, il faisait son séjour dans les bois, sur les montagnes, dans les cavernes et les trous de la terre : il couchait souvent sur la paille, sur le fumier, sur des fagots, sous des arbres, dans des buissons, dans les fentes de rochers et sur la terre nue. Durant l'été il était consumé par les ardeurs du soleil, et durant l'hiver il a souffert un froid extrême sur les montagnes couvertes de neige et de glace, n'ayant quelquefois pas de quoi se couvrir durant la nuit, et n'osant pas faire de feu durant le jour de peur que la fumée ne le découvrît; et n'osant pas sortir de sa cachette pour jouir de la chaleur du soleil, de peur de se faire voir aux ennemis et aux faux frères. Quelquefois aussi il était exposé à la faim et à la soif, et souvent à des fatigues accablantes et mortelles. » Tel était la vie de l'homme qui renonça de bonne heure aux succès du barreau, qui refusa même une place de conseiller au parlement de Toulouse, pour se vouer aux labeurs du missionnaire n'ayant d'autre perspective terrestre que la roue et le gibet !

On comprend que M. Léopold Nègre se soit épris d'une telle figure, et qu'il en ait fait le sujet d'une thèse qui, remaniée sur quelques points, élargie sur d'autres, deviendra aisément un beau livre. Quand il s'agit d'un homme tel que Brousson les moindres détails ont leur prix. On aime à retrouver sa trace à Nîmes, sa ville natale, qui l'a trop oublié, quoiqu'elle possède un fort beau portrait de lui : à Toulouse, qui entendit les accents de son éloquence professionnelle; sur la terre d'exil qui ne put le retenir longtemps ; enfin, dans la triple mission qu'il devait clore par le martyre. M. Nègre a frappé à toutes les portes, interrogé toutes les sources, pour recomposer la vie de son héros, du doux apôtre dont il est devenu contemporain par l'étude, et si des lacunes subsistent encore dans son récit, il n'a pas tenu au diligent explorateur qu'elles ne fussent comblées. La biographie proprement dite, qui ne forme pas moins de 140 pages, est complétée par un riche appendice qui met sous nos yeux les résultats de l'enquête si heureusement poursuivie à Montpellier et en Suisse. Nous avons la relation du voyage de Brousson en Allemagne, pour plaider la cause des Églises dispersées après la Révocation. Nous pouvons lire ses lettres à MM. de Mirmand, de Schomberg, Pictet, et aux fidèles sous la croix. Voici le procès-verbal de son arrestation à Oloron, le 18 septembre 1608, et l'inventaire des papiers trouvés sur lui, toute une bibliographie de reliques du Désert : puis le procès-verbal de la question, qui ne lui fut pas épargnée, comme on l'a cru. Baville n'avait pas de ces inspirations de clémence, bien qu'il n'ait pu se défendre d'un respect involontaire devant cette pure victime. Pour s'édifier sur ses sentiments il ne faut que lire les extraits inédits de sa correspondance publiés dans le Bulletin (t. XV, p. 133 et suivantes). M. Nègre ne les a pas négligés, et son livre est le travail le plus complet, le plus instructif sur Brousson, s'il n'est le dernier mot d'un tel sujet. On ne peut que féliciter la Faculté de Montauban de produire des thèses aussi solides qu'édifiantes, qui restituent des pages à notre histoire, et l'on est heureux de placer sur les rayons de sa bibliothèque Claude Brousson de M. Nègre à côté de Daniel Encontre de M. Bourchenin, deux essais pleins de promesses dont on goûte déjà les fruits.

J. B.
Bulletin historique et littéraire,
Société de l'histoire du protestantisme français
(1878)

voir aussi nécrologie

Claude Brousson
Claude Brousson

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Léopold Nègre (1852-1879) : photographies

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