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Jackson

   






Histoire de la ville de Saint-Étienne
Métallurgie

par Victor Jannesson
(1892)


L'industrie métallurgique est de date toute récente dans la Loire. Cette industrie ne s'était, du reste, pas développée bien sérieusement en France. Au commencement de ce siècle, sa production était tellement en dessous des besoins de la consommation que, pendant les guerres de l'Empire, on en était arrivé à payer en France jusqu'à 12 francs une livre d'acier, qui se vendait en Angleterre 1 fr. 25.

Sous la Restauration, le prix de l'acier dans notre département était encore de 3 fr.50 à 4 francs le kilog., alors que des aciers de qualité équivalente se vendent aujourd'hui de 0 fr.50 à 0 fr.60, et que des qualités inférieures se vendent au-dessous de 0 fr.20.

Le gouvernement français se préoccupa de cette situation d'infériorité et se mit en mesure d'y porter remède.

Des propositions furent faites à différents producteurs étrangers et entre autres à Jackson James, industriel à Lancastre (Angleterre).

Après arrangements entre lui et le Comte Chaptal, ancien Ministre du Commerce, Jackson vint en France avec ses fils en 1815 et prit l'engagement de produire des aciers tout au moins égaux aux meilleurs aciers anglais.

Le déparlement de la Loire était tout indiqué avec ses mines de charbon pour la création d'établissements métallurgiques.

James Jackson et ses fils vinrent tout d'abord établir leur fabrication d'acier à Trablaine, près du Chambon-Feugerolles.

Les débuts furent difficiles. Il existait en France un réel préjugé contre les aciers d'origine française. Il fallait dissimuler cette origine ou les vendre 20 à 25 p.% moins cher que les aciers de provenance anglaise.

Les Jackson luttèrent, et grâce à l'un d'eux, John, qui s'occupait surtout de la fabrication, ils réussirent à produire des aciers excellents.

Nous trouvons à la date du 26 janvier 1819 un brevet pris par Jackson père et fils pour la fabrication de l'acier cémenté et fondu.

En 1820, voulant donner plus d'extension à leur affaire, les Jackson établirent leurs aciéries au Soleil, près de Saint-Etienne, et organisèrent des martinets au Gouffre d'Enfer, sur le Furens.

Vers 1823, Jackson Père retourna en Angleterre et ses fils établirent, en 1830, le siège de leur fabrication à Assailly, près Saint-Chamond.

Les Frères Jackson, naturalisés français, reçurent de nombreuses récompenses, parmi lesquelles la croix de la Légion d'honneur accordée à William et à Charles. Ils participèrent à de nombreuses créations industrielles qui se fondèrent dans l'arrondissement de Saint-Etienne.

Nous nous sommes peut-être arrêtés trop longuement sur la Famille Jackson. Si nous l'avons fait, c'est que nous avons considéré comme un devoir de rendre hommage à ceux qui les premiers ont apporté l'industrie de l'acier dans notre département. Pour eux, du reste, comme pour tous ceux qui créent une industrie, les débuts furent difficiles et le succès lent à venir.




Lusien Thiollier
La chambre de commerce de Saint-Étienne
et les industries de sa circonscription
(1833-1890)
Jackson Frères, Notices biographiques stéphanoises, Denis Descreux (1868)

James Jackson, Monographie et histoire de la ville de Saint-Etienne, Métallurgie, Victor Jannesson (1892)

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