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Henry Morin


(18 avril 1830, Nocé - 21 mars 1899, La Force)







Henry Parfait Morin est le fils de Nicolas Henry Morin, greffier de la justice de paix à Nocé, propriétaire de La Touche. Il est né le 3 septembre 1802 à Ménil-Gondouin. Il épouse Sidonie Foubert, née à Nocé le 1er août 1810.

Henry Morin est né le 18 avril 1830 à Nocé, décédé le 21 mars 1899 à La Force. Né catholique, il devient protestant et épouse Mary Monod, la fille du pasteur Adolphe Monod (1802-1856) [1].

Henry Morin est médecin à la Maison des diaconesses de Reuilly, de 1858 à 1899.

La Maison des diaconesses est située 95 rue de Reuilly, Paris XIIe [2].


La famille Morin-Monod habitait 17 rue Bleue, Faubourg-Montmartre, Paris IXe ; Voir Google maps.

Le couple a 10 enfants.

L'aîné, Jean Morin (1858-1942) est missionaire au Sénégal, puis médecin des Asiles John Bost à La Force. Il épouse, à Lausanne, Amélie Jaulmes.

Leur fils aîné, Henry Morin (1889-1969) est médecin et chercheur à l'Institut Pasteur. (voir Archives de l'Institut Pasteur).

Le second fils, Adolphe Morin (1860-1893) est médecin, comme son père, à la Maison des diaconesses.


Henry Morin accueille dans sa famille, à Paris, son neveu, François Charon (1857-1934). Né aussi à Nocé, il deviendra comme son oncle, médecin, protestant et épousera aussi la fille d'un pasteur, John Bost, qui est un ami de la famille Morin-Monod.

Docteurs et pasteur de Reuilly
Les docteurs et le pasteur de la maison des diaconesses de Reuilly


Notice sur le docteur Henry Morin

Asiles John Bost, Rapport annuel (1899)


Le 21 mars, à Laforce, chez son fils le docteur Jean Morin, médecin des Asiles John Bost, le docteur Morin père, a été rappelé à Dieu, doucement mais de façon imprévue. Les surprises de la mort, si variées qu'elles soient, sont toujours déconcertantes.


Monsieur Morin (Henry-Parfait) etait né le 18 avril 1830, jour de la saint Parfait à Nocé (Orne). Il fit ses études classiques à Nogent-le-Rotrou et à Paris ses études médicales. C'est alors que sous l'influence bénie de Madame André-Walther et des pasteurs Adolphe Monod et Louis Meyer [1], il devint non seulement protestant, ce qui n'est qu'une forme, mais chrétien, ce qui est la plus douce et la plus vivante des réalités.


À 27 ans il fut nommé médecin de la maison des diaconesses de la rue de Reuilly [2], et pendant 42 ans il est resté passionnément dévoué à cette tâche.


Tout en vaquant aux devoirs de sa profession et aux exigences d'une nombreuse clientèle où le docteur devenait bien vite pour chacun un ami, il élargissait encore le champ de son travail. En se dépensant sans compter pour soulager les souffrances physiques, il songeait aux âmes : sa piété vivante avait soif d'expansion, son cœur le poussait vers les malheureux. C'est ainsi qu'il fut un des membres fondateurs de l'Union chrétienne des jeunes gens, alors modestement resserrée dans un petit local, aujourd'hui si florissante dans son magnifique immeuble de la rue de Trévise [3].


Ce fut lui aussi qui fonda pour les hommes la maison de santé de la Cité des fleurs [4]. Il était un habitué des prisons comme visiteur des prisonniers, leur apportant ses consolations, de virils ou paternels conseils, lisant l'Évangile et priant avec eux et pour eux. L'œuvre du patronage des libérés a donc eu en lui un membre des plus dévoués.


En 1870, pendant l'année terrible il resta à Paris et travailla dans les ambulances, comme il savait le faire, sans compter ni s'épargner.


Durant la période néfaste de la guerre civile il continua son œuvre d'humanité, mais il faillit deux fois être fusillé : d'abord par les Communards qui le soupçonnaient et ils n'avaient pas tort, de cacher chez lui des prêtres condamnés à mort par le fanatisme du jour et ensuite par les Versaillais, car le trouble et le désarroi étaient si grands qu'une erreur fatale était facile. Dieu le garda et le sauva en ces deux tragiques circonstances.


Quand l'ordre fut rétabli, il fut décoré de la Légion d'honneur.


En 1858, il avait, épousé la fille aînée d'Adolphe Monod, une collectrice de la première heure puis la présidente de la société Adolphe de Paris, et jusqu'à la fin, amie dévoué de nos Asiles. [5]


La vie familiale du docteur Morin fut longtemps heureuse et exempte de grandes épreuves. Mais tout se paie ici-bas hélas ! C'est une loi inexorable. Elle révolte les uns, elle épure les autres, ceux qui croient et regardent à Jésus, le chef, le consommateur de la foi, mais aussi l'homme de douleur.


La mort entra donc dans sa demeure et y fit sa moisson. En 1875 elle prend le dixième enfant ; en 1890 l'épouse et la mère bien-aimée ; en 1893, le deuxième fils [Adolphe Morin], âgé de 33 ans, marié, père de famille, son collègue comme médecin à la maison des diaconesses ; en 1897, un autre fils [Alphonse Morin], âgé de 34 ans, lieutenant de vaisseau, mort à Bangui, au centre de l'Afrique, au cours d'une mission de pénétration, heureusement conduite, presque achevée [6]. Hélas !


Ces coups successifs, supportés sans murmure, mais non sans souffrance, ont miné peu à peu la santé jusque là si robuste du docteur Morin : « je ne suis pas un révolté, me disait-il naguère avec un bon sourire, je suis un vaincu. » Il était las, car il avait travaillé et lutté sans relâche ni repos.


Il était venu en septembre dernier dans nos Asiles, suppléer son fils Jean qui se remettait lentement d'une fracture de jambe. Il lui a suffi de peu de temps pour attirer à lui tous les cœurs. Il savait trouver le mot juste pour chacun. S'il savait commander et se faire obéir, il se faisait aimable, et, nos malades et nos infirmes attendaient avec impatience sa visite. Il cessa son service provisoire à la fin de 1898, et alors nous le vîmes décliner peu à peu. Il s'alita, puis il y eut des phases meilleures, mais le mal empirait. Nous pensions qu'il vivrait encore au moins quelque temps, lorsque mardi, 21 mars, à 3 h ½, il a rendu le dernier soupir, sans agonie, presque sans souffrances, et alors que rien ne faisait prévoir cette brusque éventualité.


Nous envoyons à la famille dispersée de notre frère et de notre ami, et spécialement à notre cher docteur M. Jean Morin et aux siens, l'expression de toute notre sympathie et de toute notre affection.


Rapport annuel des Asiles John Bost (1899)

Notes :

1- Voir Musée protestant : Henriette Walther (1807-1886), épouse de Jean André

Adolphe Monod (1802-1856) : voir Musée protestant & Oratoire du Louvre & Monodgraphie (biographie, bibliographie)

Lire La famille Monod, portraits et souvenirs : Adolphe Monod, par Gustave Monod (1890)


2- Voir Musée protestant : les diaconesses de Reuilly & le site de la fondation Diaconesses de Reuilly

La maison des diaconesses de Reuilly a été fondée en 1841 par le pasteur Antoine Vermeil et Caroline Malvesin.

La Maison des diaconesses est devenue l'Institut de formation en soins infirmiers des diaconesses de Reuilly, 95 rue de Reuilly (XIIe).

Voir Petite chronique de Reuilly à travers quelques visages, par sœur Élisabeth, in Foi et vie (1992)


3- Voir l'Union chrétienne des jeunes gens (YMCA)


4- Voir la Cité des Fleurs (Diaconesses de Reuilly)


5- « En 1861, le 7 mars, John Bost avait, lors d'un voyage à Genève, fondé dans cette ville la Société Adolphe, ainsi nommée en souvenir d'Adolphe Monod, qui avait pour but de procurer des ressources aux Asiles et de leur attirer les sympathies des protestants. », Discours d'Adolphe des Gouttes, fête des Asiles John Bost (1924)


6- Alphonse Morin, lieutenant de vaisseau, est mort à l'âge de 34 ans en 1897. Voir Biographies des officiers de l'École navale

« Alphonse Morin (1863-1897). Après avoir participé aux campagnes de Chine et du Tonkin, (1883-1886), il avait été envoyé au Sénégal comme lieutenant de vaisseau en 1893 puis au Congo où il devait commander la « flottille du Haut-Oubangui ». Il fut mis à la disposition de la mission Marchand en 1896 mais mourut le 26 août 1897 à Bangui, d'une endocardite. »

Lire Deux lettres de Marchand à Liotard par Marc Michel, in Revue française d'histoire d'outre-mer (1965)

« On annonce la mort du lieutenant de vaisseau A. H. T. Morin, commandant la flottille du Haut-Oubangui,
décédé des suites d'une fièvre paludéenne, à trente-quatre ans, le 26 août, à Bangui.
Il était le fils du docteur Morin-Monod, de Paris. »

Lire Le Gaulois (samedi 9 octobre 1897).


Jean Morin, médecin et missionnaire
(1858-1942)


Si le docteur Jean Morin, décédé le 16 juin à Auxerre, n'a été que pendant quelques trop courtes années au service direct de la Société des Missions, il n'en est pas moins resté jusqu'au soir de sa longue et belle carrière un enfant de notre Maison et un ami très cher de ses directeurs. Ancien élève de la vieille maison de la rue Saint-Jacques et ami très particulier d'Alfred Boegner et de tous les siens, Jean Morin était le fils du Docteur Henry Morin et de Mary Monod, l'une des filles du grand prédicateur Adolphe Monod.


Élevé dans un milieu très fortement attaché aux Missions, il fit d'abord ses études de médecine en vue de devenir missionnaire, et reçut ensuite la consécration missionnaire dans le temple de l'Oratoire en même temps que ses camarades Ernest Mabille et Henri Bertschy, du Lessouto. Désigné pour la Mission du Sénégal il y travailla pendant sept années (1883-1890), à la fois comme pasteur et comme missionnaire. Mais il fut peu à peu amené par les circonstances à se séparer de la Société des Missions, dont le Comité ne se sentit pas appelé, à ce moment-là, à entreprendre une œuvre médicale, pourtant pleine de promesses, telle que la concevait le jeune médecin missionnaire. Mais il continua, dans une activité indépendante de l'œuvre missionnaire, tantôt à titre privé, tantôt au service de la Marine ou de la Colonie, de travailler en pleine sympathie avec l'œuvre de notre petite Mission du Sénégal et de consacrer toutes ses forces aux populations indigènes auxquelles il était passionnément attaché, et qui avaient en son grand cœur autant qu'en ses talents médicaux la plus émouvante confiance. Pendant de longues années, Jean Morin a été incontestablement un des « Blancs » les plus populaires du Sénégal et les plus aimés des Noirs. Son nom était connu et respecté jusque très loin dans l'intérieur du Soudan.


Et quand il fut obligé de rentrer en France à cause de la santé de Mme Morin, Jean Morin ne cessa, dans les différents postes où il exerça successivement son activité médicale, de rester en contact avec la Société des Missions, d'abord avec Alfred Boegner, ensuite avec Élie Allégret qui était son jeune camarade, et avec M. Daniel Couve dont les parents étaient intimement liés avec le docteur Henry Morin, Mme Morin et leurs nombreux enfants. Les amis des Missions n'ont pas oublié une des plus chères habituées de notre chapelle du boulevard Arago, Mlle Lucile Morin, sœur très aimée de Jean Morin. Et, restant ainsi en contact avec notre Maison, Jean Morin n'a cessé d'apporter, sous de multiples formes, son appui à l'œuvre à laquelle il avait consacré les plus belles années de sa jeunesse.


Journal des missions évangéliques (1942)

Notes :

Voir Musée protestant : Maison des Missions.

Défap (Service protestant des missions)

La tâche missionnaire de l'Église protestante française par Alfred Boegner, in Histoire et missions chrétiennes : la conférence missionnaire mondiale, Édimbourg 1910 (2010)

Discours du docteur Henry Morin, fils de Jean Morin, lors de la fête des Asiles John Bost (1962)



Sidonie Morin, sœur d'Henry Morin

Famille Charon-Morin par Léopold Nègre

John Bost : index des documents

François Charon

La Touche

Nocé

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