La Suisse doit son nom au village de Schwyz, écrit autrefois Swis.
Le français a conservé le nom allemand mais il s'écrit Svitto en italien et Sviz
en romanche. La première attestation écrite date de 974, sous la forme Suittes.
La Confédération est née le 1er août 1291 (Fait en l'an du Seigneur 1291 au début
du mois d'août) par un pacte qui liait les trois cantons montagnards de Schwyz, Uri et Unterwald. C'est un pacte de défense
pour protéger les libertés traditionnelles de ces cantons menacées par les Habsbourg, souverains d'Autriche.
Que chacun sache donc que, considérant la malice des temps et pour être mieux à même
de défendre et maintenir dans leur intégrité leurs vies et leurs biens, les gens de la vallée d'Uri, la Landsgemeinde
de la vallée de Schwytz et celle des gens de la vallée inférieure d'Unterwald se sont engagés, sous serment
pris en toute bonne foi, à se prêter les uns aux autres n'importe quels secours, appui et assistance, de tout leur pouvoir
et de tous leurs efforts, sans ménager ni leurs vies ni leurs biens, dans leurs vallées et au dehors, contre celui et contre
tous ceux qui, par n'importe quel acte hostile, attenteraient à leurs personnes ou à leurs biens (ou à un seul d'entre
eux), les attaqueraient ou leur causeraient quelque dommage. Quoi qu'il arrive, chacune des communautés promet à l'autre
d'accourir à son secours en cas de nécessité, à ses propres frais, et de l'aider autant qu'il le faudra pour
résister à l'agression des méchants et imposer réparation du tort commis.
Pacte fédéral de 1291
: texte bilingue en latin et traduction en français, allemand (Bundesbrief), italien (patto
federale), romanche (Patg federal), anglais et version allemande de 1681
Au XVIe siècle, le pays porte le nom de Confédération des treize cantons. Lors
de la Révolution française, c'est une "république sur" et s'appelle République
helvétique (en 1798), du nom de l'ancien peuple gaulois qui l'habitait, les Helvètes. C'est
Bonaparte qui lui donnera ce nom conservé aujourd'hui de Confédération
helvétique (en 1803). La Révolution a refait surgir d'autres noms du passé : les Bataves ont ainsi donné
leur nom à la République Batave (Pays-Bas) et les Belges à la Belgique.
Extrait de l'acte de médiation de 1803
Fait par le PREMIER CONSUL de la République française, entre les Partis qui divisent la
Suisse.
BONAPARTE, premier Consul de la République, Président de la République italienne,
Aux SUISSES.
L'HELVÉTIE, en proie aux dissensions, était menacée de sa dissolution : elle ne pouvait
trouver en elle-même les moyens de se reconstituer. L'ancienne affection de la nation française pour ce peuple recommandable,
qu'elle a récemment défendu par ses armes et fait reconnaître comme puissance par ses traités ; l'intérêt
de la France et de la République italienne, dont la Suisse couvre les frontières ; la demande du sénat, celle
des cantons démocratiques, le vœu du peuple helvétique tout entier, nous ont fait un devoir d'interposer notre médiation
entre les partis qui le divisent.
La constitution Suisse a été rédigée Au nom de Dieu Tout-Puissant, Im Namen Gottes
des Allmächtigen, In nome di Dio Onnipotente, En num da Dieu il tutpussent ! Elle reprend le début du pacte
fédéral : In nomine Domini.
Elle a été acceptée en votation populaire du 18 avril 1999.
Extrait de la constitution fédérale de la Confédération suisse
Préambule
Au nom de Dieu Tout-Puissant ! Le peuple et les cantons suisses,
Conscients de leur responsabilité envers la Création,
Résolus à renouveler leur alliance pour renforcer la liberté, la démocratie, l'indépendance et la paix
dans un esprit de solidarité et d'ouverture au monde,
Déterminés à vivre ensemble leurs diversités dans le respect de l'autre et l'équité,
Conscients des acquis communs et de leur devoir d'assumer leurs responsabilités envers les générations futures,
Sachant que seul est libre qui use de sa liberté et que la force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible
de ses membres, Arrêtent la Constitution que voici :
[...]
Art. 2 But
1 La Confédération suisse protège la liberté et les droits du peuple et elle assure l'indépendance
et la sécurité du pays.
2 Elle favorise la prospérité commune, le développement durable, la cohésion interne et la diversité
culturelle du pays.
3 Elle veille à garantir une égalité des chances aussi grande que possible.
4 Elle s'engage en faveur de la conservation durable des ressources naturelles et en faveur d'un ordre international juste et pacifique.