L'homo sapiens, c'est l'homme intelligent, qui succède dans le temps à l'homo erectus : l'homme dressé (alors
que l'animal est à quatre pattes).
Le terme homosexuel est contre-nature pour un puriste de la langue. Certains n'aiment pas le mélange des sexes, d'autres n'apprécient guère le mélange des racines... en l'occurrence grecque et latine ! En effet, le préfixe homo- est grec et le radical vient du latin sexualis. Quand on crée un néologisme, on évite autant que possible le croisement des langues.
En outre, il s'agit à l'origine d'un adjectif dont on a fait un substantif. Car si on peut parler de relations homosexuelles comme de relations sexuelles particulières, on ne dit pas d'un homme qu'il est un sexuel, alors qu'on parle d'un homosexuel.
Le préfixe homo-, du grec ancien ὁμός : même
- phylo-, du grec ancien φυλο- : sexe, c'est à dire genre (sexe masculin, sexe féminin)
- le suffixe -phile, du grec ancien φιλώ (aimer)
Ainsi, un homophylophile aime celui du même sexe. Le grec est plus cohérent que nos langues occidentales !
À l'origine, une gay life (littéralement vie gaie), c'est une vie dissolue qui s'oppose à une straight life
(littéralement vie droite, c'est à dire conforme aux valeurs traditionnelles) : pas de sexualité en dehors du mariage... La gay attitude
désignait à l'origine les aventures extra-conjugales, et ce quelque soit le sexe du partenaire qui pouvait être un amant, une maîtresse ou une prostituée...
En anglais, gay se prononce [geɪ], à ne pas confondre avec guy, qui se prononce [gaɪ]
et signifie mec : a gay guy, c'est un mec homo.
L'anglais vient de l'ancien français gay, mot d'origine germanique et qui a connu sa gloire dans la littérature occitane : lou gai sabé, c'est le gay savoir. C'est le plaisir d'apprendre, la joie de se cultiver.

• musée de l'amour grec, romain...
• histoire & littérature de l'homosexualité (en anglais)
Lesbienne est ainsi devenu le féminin de gay.
![]() île de Lesbos |
la Lesbienne Sapho |
Le pédophile est un mot créé à partir du grec : c'est la construction inversée de philopaide (les lettres αι sont parfois retranscrites avec un e). Ce suffixe -phile est gênant car la philia (φιλία) grecque n'a rien de pervers. En grec moderne, philos (φίλος) désigne l'ami. Le francophile, c'est celui qui aime la culture française et non celui qui viole les jeunes Français !
La racine péd- désigne l'enfant et se rencontre aussi chez le pédiatre (en grec moderne παιδιάτρος) : le médecin (ιατρός) des enfants.
Le philanthrope (φιλάνθρωπος) qui aime les êtres humains la philanthropie (φιλάνθρωπία), c'est l'amour pour les hommes.
Le philadelphe (φιλάδελφος) qui aime ses frères ou surs la philadelphie (φιλαδελφία) c'est l'amour fraternel. C'est aussi le nom d'une ville, autrefois de Lydie, aujourd'hui des États-Unis.
Le philogyne (φιλογύνης) qui aime les femmes, racine que l'on retrouve chez le gynécologue le médecin spécialiste des femmes. A ne pas confondre avec le pédologue, qui n'est pas le spécialiste La philogynie (φιλογυνία), c'est l'amour des femmes.
Le philandre (φίλανδρος) qui aime les hommes. La philandrie (φιλανδρία),
c'est l'amour des hommes. Cette racine se retrouve aussi dans le prénom André.
Il est intéressant de noter l'évolution du sens du mot androgyne (ανδρόγυνος) : le français a conservé le sens ancien : c'est un hermaphrodite ou bien un homme efféminé, une femme virile. Mais en grec moderne, le sens est différent : il désigne tout simplement un couple (composé d'un homme et d'une femme).
La gynécomanie (γυναικομανία) désigne la folle passion pour les femmes et l'andromanie (άνδρομανία), la folle passion pour les hommes : le gynécomane est fou des femmes et l'andromane est folle des hommes !
Puisque bi- s'oppose à mono-, il ne reste qu'à créer le monosexuel, attiré uniquement par des personnes d'un seul sexe : les homos et les hétéros seraient alors des monos...