| Ἡ δὲ Κύρνος ὑπὸ τῶν Ῥωμαίων καλεῖται Κορσίκα. Οἰκεῖται
δὲ φαύλως τραχεῖά τε οὖσα καὶ τοῖς πλείστοις μέρεσι δύσβατος τελέως ὥστε τοὺς κατέχον τας τὰ ὄρη καὶ ἀπὸ λῃστηρίων ζῶντας ἀγριωτέρους εἶναι
θηρίων. Ὁπόταν γοῦν ὁρμήσωσιν οἱ τῶν Ῥω μαίων στρατηγοὶ καὶ προσπεσόντες τοῖς ἐρύμασι πολὺ πλῆθος ἕλωσι, τῶν ἀνδραπόδων ὁρᾶν ἔστιν ἐν τῇ
Ῥώμῃ καὶ θαυμάζειν, ὅσον ἐμφαίνεται τὸ θηριῶδες καὶ τὸ βοσκηματῶδες ἐν αὐτοῖς· ἢ γὰρ οὐχ ὑπομένουσι ζῆν ἢ ζῶντες ἀπαθείᾳ καὶ ἀναισθησίᾳ
τοὺς ὠνησαμέ νους ἐπιτρίβουσιν, ὥστε καίπερ τὸ τυχὸν καταβαλοῦ σιν ὑπὲρ αὐτῶν ὅμως μεταμέλειν. Ἔστι δ´ ὅμως οἰκή σιμά τινα μέρη καὶ πολίσματά
που Βλησίνων τε καὶ Χάραξ καὶ Ἐνικονίαι καὶ Ὀυάπανες. |
L'île de Cyrnos que les Romains nomment Corsica, est un pays affreux à habiter,
vu la nature âpre du sol et le manque presque absolu de routes praticables, qui fait que les populations confinées dans les
montagnes et réduites à vivre de brigandages, sont plus sauvages que les bêtes fauves. C'est ce qu'on peut du reste
vérifier sans quitter Rome, car il arrive souvent que les généraux romains fassent des descentes dans l'île,
attaquent à l'improviste quelques une des forteresses de ces barbares et enlèvent ainsi un grand nombre d'esclaves ; on peut
alors observer de près la physionomie étrange de ces hommes farouches comme les hommes des bois ou abrutis comme les bestiaux,
qui ne supportent pas de vivre dans la servitude, ou qui, s'ils se résignent à ne pas mourir, lassent par leur apathie et
leur insensibilité les maîtres qui les ont achetés, jusqu'à leur faire regretter le peu d'argent qu'ils leur
ont coûté. Il y a cependant certaines portions de l'île qui sont, à la rigueur, habitables, et où l'on trouve même quelque
petites villes, telles que Blésinon, Charax, Eniconiae et Vapanes. Géographie, Livre
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