![]() |
![]()
|
Vie de Jésus par Ernest Renan |
|
| 4 index | ||||
Chapitre VI Jean-Baptiste Voyage de Jésus et son séjour au désert de Judée Il adopte le baptême de Jean |
||||
Un homme extraordinaire, dont le rôle, faute de documents,
reste pour nous en partie énigmatique, apparut vers ce temps
et eut certainement des relations avec Jésus. Ces relations
tendirent plutôt à faire dévier de sa voie le
jeune prophète de Nazareth ; mais elles lui suggérèrent
plusieurs accessoires importants de son institution religieuse, et
en tout cas elles fournirent a ses disciples une très forte
autorité pour recommander leur maître aux yeux d'une
certaine classe de Juifs. Vers l'an 28 de notre ère
(quinzième année du règne de Tibère), se répandit
dans toute la Palestine la réputation d'un certain Iohanan ou Jean,
jeune ascète plein de fougue et de passion. Jean était de
race sacerdotale [1] et né, ce semble, à Jutta près
d'Hébron ou à Hébron même [2]. Hébron, la ville patriarcale par excellence,
située à deux pas du désert de Judée et à
quelques heures du grand désert d'Arabie, était dès
cette époque ce qu'elle est encore aujourd'hui, un des boulevards
de l'esprit sémitique dans sa forme la plus austère. Dès
son enfance, Jean fut Nazir, c'est-à-dire assujetti par
vœu à certaines abstinences [3]. Le désert dont il était pour ainsi
dire environné l'attira de bonne heure [4]. Il y menait la vie d'un yogui de l'Inde, vêtu
de peaux ou d'étoffes de poil de chameau, n'ayant pour aliments
que des sauterelles et du miel sauvage [5].
Un certain nombre de disciples s'étaient groupés autour
de lui, partageant sa vie et méditant sa sévère parole.
On se serait cru transporté aux bords du Gange, si des traits particuliers
n'eussent révélé en ce solitaire le dernier descendant
des grands prophètes d'Israël. Depuis que la nation juive
s'était prise avec une sorte de désespoir à réfléchir
sur sa destinée, l'imagination du peuple s'était reportée
avec beaucoup de complaisance vers les anciens prophètes. Or, de
tous les personnages du passé, dont le souvenir venait comme les
songes d'une nuit troublée réveiller et agiter le peuple,
le plus grand était Élie. Ce géant des prophètes,
en son âpre solitude du Carmel, partageant la vie des bêtes
sauvages, demeurant dans le creux des rochers, d'où il sortait
comme un foudre pour faire et défaire les rois, était devenu,
par des transformations successives, une sorte d'être surhumain,
tantôt visible, tantôt invisible, et qui n'avait pas goûté
la mort. On croyait généralement qu'Élie allait revenir
et restaurer Israël [6]. La vie austère qu'il avait menée,
les souvenirs terribles qu'il avait laissés, et sous l'impression
desquels l'Orient vit encore [7], cette sombre image qui, jusqu'à nos jours,
fait trembler et tue, toute cette mythologie, pleine de vengeance et de
terreurs, frappaient vivement les esprits et marquaient, en quelque sorte,
d'un signe de naissance tous les enfantements populaires. Quiconque aspirait
à une grande action sur le peuple devait imiter Élie, et
comme la vie solitaire avait été le trait essentiel de ce
prophète, on s'habitua à envisager «l'homme de Dieu»
comme un ermite. On s'imagina que tous les saints personnages avaient
eu leurs jours de pénitence, de vie agreste, d'austérités
[8]. La retraite au désert devint
ainsi la condition et le prélude des hautes destinées. Nul doute que cette pensée
d'imitation n'ait beaucoup préoccupé Jean [8b]. La vie anachorétique, si opposée
à l'esprit de l'ancien peuple juif, et avec laquelle les vœux
dans le genre de ceux des Nazirs et des Réchabites n'avaient aucun
rapport, faisait de toutes parts invasion en Judée. Les Esséniens
ou Thérapeutes étaient groupés près du pays
de Jean, sur les bords orientaux de la mer Morte [9]. On s'imaginait que les chefs de sectes devaient
être des solitaires, ayant leurs règles et leurs instituts
propres, comme des fondateurs d'ordres religieux. Les maîtres des
jeunes gens étaient aussi parfois des espèces d'anachorètes
[10] assez ressemblants aux gourous
[11] du brahmanisme. De fait, n'y avait-il
point en cela une influence éloignée des mounis de
l'Inde ? Quelques-uns de ces moines bouddhistes vagabonds, qui couraient
le monde, comme plus tard les premiers Franciscains, prêchant de
leur extérieur édifiant et convertissant des gens qui ne
savaient pas leur langue, n'avaient-ils point tourné leurs pas
du côté de la Judée, de même que certainement
ils l'avaient fait du côté de la Syrie et de Babylone [12] ?
C'est ce que l'on ignore. Babylone était devenue depuis quelque
temps un vrai foyer de bouddhisme ; Boudasp (Bodhisattva) était
réputé un sage Chaldéen et le fondateur du sabisme.
Le sabisme lui-même, qu'était-il ? Ce que son étymologie
indique [13] : le baptisme lui-même,
c'est-à-dire la religion des baptêmes multipliés,
la souche de la secte encore existante qu'on appelle «chrétiens
de Saint-Jean» ou Mendaïtes, et que les Arabes appellent el-Mogtasila,
«les baptistes [14].» Il est
fort difficile de démêler ces vagues analogies. Les sectes
flottantes entre le judaïsme, le christianisme, le baptisme et le
sabisme, que l'on trouve dans la région au delà du Jourdain
durant les premiers siècles de notre ère [15], présentent à la critique, par suite
de la confusion des notices qui nous en sont parvenues, le problème
le plus singulier. On peut croire, en tout cas, que plusieurs des pratiques
extérieures de Jean, des Esséniens [16] et des précepteurs spirituels juifs de
ce temps venaient d'une influence récente du haut Orient. La pratique
fondamentale qui donnait à la secte de Jean son caractère,
et qui lui a valu son nom, a toujours eu son centre dans la basse Chaldée
et y constitue une religion qui s'est perpétuée jusqu'à
nos jours. Cette pratique était
le baptême ou la totale immersion. Les ablutions étaient
déjà familières aux Juifs, comme à toutes
les religions de l'Orient [17]. Les Esséniens leur avaient donné
une extension particulière [18]. Le baptême était devenu une cérémonie
ordinaire de l'introduction des prosélytes dans le sein de la religion
juive, une sorte d'initiation [19]. Jamais pourtant, avant notre baptiste, on n'avait
donné à l'immersion cette importance ni cette forme. Jean
avait fixé le théâtre de son activité dans
la partie du désert de Judée qui avoisine la mer Morte [20]. Aux époques où il administrait
le baptême, il se transportait aux bords du Jourdain [21],
soit à Béthanie ou Béthabara [22], sur la rive orientale, probablement vis-à-vis
de Jéricho, soit à l'endroit nommé Ænon
ou «les Fontaines [23]» près de Salim, où il y avait
beaucoup d'eau [24]. Là des foules
considérables, surtout de la tribu de Juda, accouraient vers lui
et se faisaient baptiser [25]. En quelques mois, il devint ainsi un des hommes
les plus influents de la Judée, et tout le monde dut compter avec
lui. Le peuple le tenait pour
un prophète [26], et plusieurs s'imaginaient
que c'était Élie ressuscité [27]. La croyance à ces résurrections
était fort répandue [28] ; on pensait que Dieu allait susciter de leurs
tombeaux quelques-uns des anciens prophètes pour servir de guides
à Israël vers sa destinée finale [30].
D'autres tenaient Jean pour le Messie lui-même, quoiqu'il n'élevât
pas une telle prétention [31]. Les prêtres et les scribes, opposés
à cette renaissance du prophétisme, et toujours ennemis
des enthousiastes, le méprisaient. Mais la popularité du
baptiste s'imposait à eux, et ils n'osaient parler contre lui [32]. C'était une victoire que le sentiment
de la foule remportait sur l'aristocratie sacerdotale. Quand on obligeait
les chefs des prêtres à s'expliquer nettement sur ce point,
on les embarrassait fort [33]. Le baptême n'était
du reste pour Jean qu'un signe destiné à faire impression
et à préparer les esprits à quelque grand mouvement.
Nul doute qu'il ne fût possédé au plus haut degré
de l'espérance messianique, et que son action principale ne fût
en ce sens. «Faites pénitence, disait-il, car le royaume
de Dieu approche [34].» Il annonçait une «grande
colère» c'est-à-dire de terribles catastrophes qui
allaient venir [35], et déclarait que la cognée était
déjà à la racine de l'arbre, que l'arbre serait bientôt
jeté au feu. Il représentait son Messie un van à
la main, recueillant le bon grain, et brûlant la paille. La pénitence,
dont le baptême était la figure, l'aumône, l'amendement
des mœurs [36],
étaient pour Jean les grands moyens de préparation aux événements
prochains. On ne sait pas exactement sous quel jour il concevait ces événements.
Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il prêchait avec beaucoup de
force contre les mêmes adversaires que Jésus, contre les
prêtres riches, les pharisiens, les docteurs, le judaïsme officiel
en un mot, et que, comme Jésus, il était surtout accueilli
par les classes méprisées [37]. Il réduisait à rien le titre
de fils d'Abraham, et disait que Dieu pourrait faire des fils d'Abraham
avec les pierres du chemin [38].
Il ne semble pas qu'il possédât même en germe la grande
idée qui a fait le triomphe de Jésus, l'idée d'une
religion pure ; mais il servait puissamment cette idée en substituant
un rite privé aux cérémonies légales, pour
lesquelles il fallait des prêtres, à peu près comme
les Flagellants du moyen âge ont été des précurseurs
de la Réforme, en enlevant le monopole des sacrements et de l'absolution
au clergé officiel. Le ton général de ses sermons
était sévère et dur. Les expressions dont il se servait
contre ses adversaires paraissent avoir été des plus violentes
[39]. C'était une rude et continuelle invective.
Il est probable qu'il ne resta pas étranger à la politique.
Josèphe, qui le toucha presque par son maître Banou, le laisse
entendre à mots couverts [40], et la catastrophe qui mit fin à ses
jours semble le supposer. Ses disciples menaient une vie fort austère
[41], jeûnaient fréquemment et affectaient
un air triste et soucieux. On voit poindre par moments la communauté
des biens et cette pensée que le riche est obligé de partager
ce qu'il a [42]. Le pauvre apparaît déjà
comme celui qui doit bénéficier en première ligne
du royaume de Dieu. Quoique le centre d'action de Jean fût la Judée, sa
renommée pénétra vite en Galilée et arriva
jusqu'à Jésus, qui avait déjà formé autour
de lui par ses premiers discours un petit cercle d'auditeurs. Jouissant
encore de peu d'autorité, et sans doute aussi poussé par
le désir de voir un maître dont les enseignements avaient
beaucoup de rapports avec ses propres idées, Jésus quitta
la Galilée et se rendit avec sa petite école auprès
de Jean [43].
Les nouveaux venus se firent baptiser comme tout le monde. Jean accueillit
très bien cet essaim de disciples galiléens, et ne trouva
pas mauvais qu'ils restassent distincts des siens. Les deux maîtres étaient
jeunes ; ils avaient beaucoup d'idées communes ; ils s'aimèrent
et luttèrent devant le public de prévenances réciproques.
Un tel fait surprend au premier coup d'œil dans Jean-Baptiste,
et on est porté à le révoquer en doute. L'humilité n'a
jamais été le trait des fortes âmes juives. Il
semble qu'un caractère aussi roide, une sorte de Lamennais
toujours irrité, devait être fort colère et ne
souffrir ni rivalité ni demi-adhésion. Mais cette manière
de concevoir les choses repose sur une fausse conception de la personne
de Jean. On se le représente comme un vieillard ; il était
au contraire de même âge que Jésus [44],
et très jeune selon les idées du temps. Il ne fut pas,
dans l'ordre de l'esprit, le père de Jésus, mais bien
son frère. Les deux jeunes enthousiastes, pleins des mêmes
espérances et des mêmes haines, ont bien pu faire cause
commune et s'appuyer réciproquement. Certes un vieux maître
voyant un homme sans célébrité venir vers lui
et garder à son égard des allures d'indépendance,
se fût révolté ; on n'a guère d'exemples
d'un chef d'école accueillant avec empressement celui qui va
lui succéder. Mais la jeunesse est capable de toutes les abnégations,
et il est permis d'admettre que Jean, ayant reconnu dans Jésus
un esprit analogue au sien, l'accepta sans arrière-pensée
personnelle. Ces bonnes relations devinrent ensuite le point de départ
de tout un système développé parles évangélistes,
et qui consista à donner pour première base à la
mission divine de Jésus l'attestation de Jean. Tel était
le degré d'autorité conquis par le baptiste qu'on ne
croyait pouvoir trouver au monde un meilleur garant. Mais, loin que
le baptiste ait abdiqué devant Jésus, Jésus,
pendant tout le temps qu'il passa près de lui, le reconnut
pour supérieur et ne développa son propre génie
que timidement. Il semble en effet que, malgré sa profonde originalité,
Jésus, durant quelques semaines au moins, fut l'imitateur de
Jean. Sa voie était encore obscure devant lui. A toutes les époques,
d'ailleurs, Jésus céda beaucoup à l'opinion,
et adopta bien des choses qui n'étaient pas dans sa direction,
ou dont il se souciait assez peu, par l'unique raison qu'elles étaient
populaires ; seulement, ces accessoires ne nuisirent jamais à sa
pensée principale et y furent toujours subordonnés.
Le baptême avait été mis par Jean en très grande
faveur ; il se crut obligé de faire comme lui : il baptisa, et
ses disciples baptisèrent aussi [45]. Sans doute ils accompagnaient
le baptême de prédications analogues à celles
de Jean. Le Jourdain se couvrit ainsi de tous les côtés
de baptistes, dont les discours avaient plus ou moins de succès.
L'élève égala bientôt le maître,
et son baptême fut fort recherché. Il y eut à ce
sujet quelque jalousie entre les disciples [46] ;
les élèves de Jean vinrent se plaindre à lui
des succès croissants du jeune galiléen, dont le baptême
allait bientôt, selon eux, supplanter le sien. Mais les deux
maîtres restèrent supérieurs à ces petitesses.
La supériorité de Jean était d'ailleurs trop
incontestée pour que Jésus, encore peu connu, songeât à la
combattre. Il voulait seulement grandir à son ombre, et se
croyait obligé, pour gagner la foule, d'employer les moyens
extérieurs qui avaient valu à Jean de si étonnants
succès. Quand il recommença à prêcher après
l'arrestation de Jean, les premiers mots qu'on lui met à la
bouche ne sont que la répétition d'une des phrases familières
au baptiste [47]. Plusieurs autres expressions
de Jean se retrouvent textuellement dans ses discours [48].
Les deux écoles paraissent avoir vécu longtemps en bonne
intelligence [49],
et après la mort de Jean, Jésus, comme confrère
affidé, fut un des premiers averti de cet événement [50]. Jean, en effet, fut bientôt arrêté dans sa carrière
prophétique. Comme les anciens prophètes juifs, il était,
au plus haut degré, frondeur des puissances établies [51].
La vivacité extrême avec laquelle il s'exprimait sur
leur compte ne pouvait manquer de lui susciter des embarras. En Judée,
Jean ne paraît pas avoir été inquiété par
Pilate ; mais dans la Pérée, au delà du Jourdain,
il tombait sur les terres d'Antipas. Ce tyran s'inquiéta du
levain politique mal dissimulé dans les prédications
de Jean. Les grandes réunions d'hommes formées par l'enthousiasme
religieux et patriotique autour du baptiste avaient quelque chose
de suspect [52]. Un grief tout personnel
vint, d'ailleurs, s'ajouter à ces motifs d'État et rendit
inévitable la perte de l'austère censeur. Un des caractères le plus fortement marqués de cette
tragique famille des Hérodes, était Hérodiade,
petite-fille d'Hérode le Grand. Violente, ambitieuse, passionnée,
elle détestait le judaïsme et méprisait ses lois [53]. Elle avait été mariée,
probablement malgré elle, à son oncle Hérode,
fils de Mariamne [54],
qu'Hérode le Grand avait déshérité [55] et qui n'eut jamais de rôle
public. La position inférieure de son mari, à l'égard
des autres personnes de sa famille, ne lui laissait aucun repos ; elle
voulait être souveraine à tout prix [56]. Antipas fut l'instrument
dont elle se servit. Cet homme faible étant devenu éperdument
amoureux d'elle, lui promit de l'épouser et de répudier
sa première femme, fille de Hâreth, roi de Petra et émir
des tribus voisines de la Pérée. La princesse arabe
ayant eu vent de ce projet, résolut de fuir. Dissimulant son
dessein, elle feignit de vouloir faire un voyage à Machéro,
sur les terres de son père, et s'y fit conduire par les officiers
d'Antipas [57]. Makaur [58] ou Machéro était
une forteresse colossale bâtie par Alexandre Jannée,
puis relevée par Hérode, dans un des ouadis les plus
abrupts à l'orient de la mer Morte [59].
C'était un pays sauvage, étrange, rempli de légendes
bizarres et qu'on croyait hanté des démons [60]. La forteresse était
juste à la limite des états de Hâreth et d'Antipas.
A ce moment-là, elle était en la possession de Hâreth [61]. Celui-ci averti avait tout
fait préparer pour la fuite de sa fille, qui de tribu en tribu
fut reconduite à Pétra. L'union presque incestueuse [62] d'Antipas
et d'Hérodiade s'accomplit alors. Les lois juives sur le mariage étaient
sans cesse une pierre de scandale entre l'irréligieuse famille
des Hérodes et les Juifs sévères [63]. Les membres de cette dynastie
nombreuse et assez isolée étant réduits à se
marier entre eux, il en résultait de fréquentes violations
des empêchements établis par la Loi. Jean fut l'écho
du sentiment général en blâmant énergiquement
Antipas [64]. C'était plus qu'il
n'en fallait pour décider celui-ci à donner suite à ses
soupçons. Il fit arrêter le baptiste et donna ordre de
l'enfermer dans la forteresse de Machéro, dont il s'était
probablement emparé après le départ de la fille
de Hâreth [65]. Plus timide que cruel, Antipas ne désirait pas le mettre à mort.
Selon certains bruits, il craignait une sédition populaire [66]. Selon une autre version [67], il aurait pris plaisir à écouter
le prisonnier, et ces entretiens l'auraient jeté dans de grandes
perplexités. Ce qu'il y a de certain, c'est que la détention
se prolongea et que Jean conserva du fond de sa prison une action étendue.
Il correspondait avec ses disciples, et nous le retrouverons encore
en rapport avec Jésus. Sa foi dans la prochaine venue du Messie
ne fit que s'affermir ; il suivait avec attention les mouvements du
dehors, et cherchait à y découvrir les signes favorables à l'accomplissement
des espérances dont il se nourrissait. NOTES pour revenir au texte cliquer [retour] sur le navigateur ou sur le clavier [1] Luc, I, 5 ; passage de l'évangile des Ébionim, conservé par Épiphane (Adv. hær., XXX, 13). [2] Luc, I, 39. On a proposé, non sans vraisemblance, de voir dans «la ville de Juda» nommée en cet endroit de Luc la ville de Jutta (Josué, XV, 55 ; XXI, 16). Robinson (Biblical Researches, I, 494 ; II, 206) a retrouvé cette Jutta portant encore le même nom, à deux petites heures au sud d'Hébron. [3] Luc, I, 15. [4] Luc, I, 80. [5] Matth., III, 4 ; Marc, I, 6 ; fragm. de l'évang. des Ébionim, dans Épiph., Adv. hær., XXX, 43. [6] Malachie, III, 23-24 (IV, 5-6 selon la Vulg.) ; Ecclésiastique, XLVIII, 10 ; Matth., XVI, 14 ; XVII, 40 et suiv. ; Marc, VI, 15 ; VIII, 28 ; IX, 10 et suiv. ; Luc, IX, 8, 19 ; Jean, I, 21, 25. [7] Le féroce Abdallah, pacha de Saint-Jean-d'Acre, pensa mourir de frayeur pour l'avoir vu en rêve, dressé debout sur sa montagne. Dans les tableaux des églises chrétiennes, on le voit entouré de têtes coupées ; les musulmans ont peur de lui. [8] Ascension d'haie, n, 9-44. [8b] Luc, I, 47. [9] Pline, Hist. nat., V, 17 ; Epiph., Adv. hær., XIX, 1 et 2. [10] Josèphe, Vita, 2. [11] Précepteurs spirituels. [12] J'ai développé ce point ailleurs (Hist. génér. des langues sémitiques, III, IV, 1 ; Journ. Asiat., février-mars 1856). [13] Le verbe araméen seba, origine du nom des Sabiens, est synonyme de βαπτιζω. [14] J'ai traité de ceci plus au long dans le Journal Asiatique, nov.-déc. 1853 et août-sept. 1855. Il est remarquable que les Elchasaïtes, secte sabienne ou baptiste, habitaient le même pays, que les Esséniens (le bord oriental de la mer Morte) et furent confondus avec eux (Épiph., Adv. hær., XIX, I, 2, 4 ; XXX, 46, 47 ; un, 4 et 2 ; Philosophumena, IX, iii, 15 et 46 ; X, xx, 29). [15] Voir les notices d'Épiphane sur les Esséniens, les Héméro-baptistes, les Nazaréens, les Ossènes, les Nazoréens, les Ébionites, les Sampséens (Adv. hær., liv. I et II), et celles de l'auteur des Philosophumena sur les Elchasaïtes (liv. IX et X). [16] Epiph., Adv. hær., XIX, XXX, LIII. [17] Marc, VII, 4 ; Jos., Ant., XVIII, v, 2 ; Justin, Dial. cum Tryph., 17, 29, 80 ; Epiph., Adv. hær., XVII. [18] Jos., B. J., II, viii, 5, 7, 9, 13. [19] Mischna, Pesachim, VIII, 8 ; Talmud de Babylone, Jebamoth, 46 b ; Kerithuth, 9 a ; Aboda Zara, 57 a ; Masséket Gérim (édit. Kirchheim, 1851), p. 38-40. [20] Matth., III, 1 ; Marc, I, 4. [21] Luc, III, 3. [22] Jean, I, 28 ; III, 26. Tous les manuscrits portent Béthanie ; mais, comme on ne connaît pas de Béthanie en ces parages, Origène (Comment, in Joann., VI, 24) a proposé de substituer Béthabara, et sa correction a été assez généralement acceptée. Les deux mots ont, du reste, des significations analogues et semblent indiquer un endroit où il y avait un bac pour passer la rivière. [23] Ænon est le pluriel chaldéen Ænawan, «fontaines.» [24] Jean, III, 23. La situation de cette localité est douteuse. La circonstance relevée par l'évangéliste ferait croire qu'elle n'était pas très voisine du Jourdain. Cependant les synoptiques sont constants pour placer toute la scène des baptêmes de Jean sur le bord de ce fleuve (Matth., III, 6 ; Marc, I, 5 ; Luc, III ; 3). Le rapprochement des versets 22 et 23 du chapitre ni de Jean, et des versets 3 et 4 du chapitre IV du même évangile, porterait d'ailleurs à croire que Salim était en Judée, et par conséquent dans l'oasis de Jéricho, près de l'embouchure du Jourdain, puisqu'on trouverait difficilement, dans le reste de la tribu de Juda, un seul bassin naturel qui puisse prêter à la totale immersion d'une personne. Saint Jérôme veut placer Salim beaucoup plus au nord, près de Beth-Schéan ou Scythopolis. Mais Robinson (Bibl. Res., III, 64) n'a pu rien trouver sur les lieux qui justifiât cette allégation. [25] Marc, I, 5 ; Josèphe, Ant., XVIII, v, 2. [26] Matth., XIV, 5 ; XXI, 26. [27] Matth., XI, 14 ; Marc, VI, 15 ; Jean, I, 21. [28] Matth., XIV, 2 ; Luc, IX, 8. [30] V. ci-dessus, note 6. [31] Luc, III, 45 et suiv. ; Jean, I, 20. [32] Matth., XXI, 25 et suiv. ; Luc, VII, 30. [33] Matth., loc. cit. [34] Matth., III, 2. [35] Matth., III, 7. [36] Luc, III, 11-14 ; Josèphe, Ant., XVIII, v, 2. [37] Matth., XXI, 32 ; Luc, III, 12-14. [38] Matth., III, 9. [39] Matth., III, 7 ; Luc, III, 7. [40] Ant., XVIII, v, 2. Il faut observer que, quand Josèphe expose les doctrines secrètes et plus ou moins séditieuses de ses compatriotes, il efface tout ce qui a trait aux croyances messianiques, et répand sur ces doctrines, pour ne pas faire ombrage aux Romains, un vernis de banalité, qui fait ressembler tous les chefs de sectes juives à des professeurs de morale ou à des stoïciens. [41] Matth., IX, 14. [42] Luc, III, 11. [43] Matth., ni, 13 et suiv. ; Marc, I, 9 et suiv. ; Luc, m, 21 et suiv. ; Jean, I, 29 et suiv. ; m, 22 et suiv. Les synoptiques font venir Jésus vers Jean, avant qu'il eût joué de rôle public. Mais s'il est vrai, comme ils le disent, que Jean reconnut tout d'abord Jésus et lui fît grand accueil, il faut supposer que Jésus était déjà un maître assez renommé. Le quatrième évangéliste amène deux fois Jésus vers Jean, une première fois encore obscur, une deuxième fois avec une troupe de disciples. Sans toucher ici la question des itinéraires précis de Jésus (question insoluble vu les contradictions des documents et le peu de souci qu'eurent les évangélistes d'être exacts en pareille matière), sans nier que Jésus ait pu faire un voyage auprès de Jean au temps où il n'avait pas encore de notoriété, nous adoptons la donnée fournie par le quatrième évangile (m. 22 et suiv.), à savoir que Jésus, avant de se mettre à baptiser comme Jean, avait une école formée. Il faut se rappeler, du reste, que les premières pages du quatrième évangile sont des notes mises bout à bout, sans ordre chronologique rigoureux. [44] Luc, I, bien que tous les détails du récit, notamment ce qui concerne la parenté de Jean avec Jésus, soient légendaires. [45] Jean, III, 22-26 ; IV, 1-2. La parenthèse du verset 2 paraît être une glose ajoutée, ou peut-être un scrupule tardif de Jean se corrigeant lui-même. [46] Jean, III, 26 ; IV, 1. [47] Matth., III, 2 ; IV, 17. [48] Matth., III, 7 ; XII, 34 ; XXIII, 33. [49] Matth., XI, 2-13. [50] Matth., XIV, 42. [51] Luc, III, 19. [52] Jos., Ant., XVIII, v, 2. [53] Jos., Ant., XVIII, v, 4. [54] Matthieu (XIV, 3, dans le texte grec) et Marc (VI, 17) veulent que ce soit Philippe ; mais c'est là certainement une inadvertance (voir Josèphe, Ant., XVIII, v, 1 et 4). La femme de Philippe était Salomé, fille d'Hérodiade. [55] Jos., Ant., XVII, IV, 2. [56] Jos., Ant., XVIII, vu, 1, 2 ; B.J.. II, ix, 6. [57] Jos., Ant., XVIII, v, 1. [58] Cette forme se trouve dans le Talmud de Jérusalem (Schebiit, IX, 2) et dans les Targums de Jonathan et de Jérusalem (Nombres, XXII, 35). [59] Aujourd'hui Mkaur, dans le ouadi Zerka Maïn. Cet endroit n'a pas été visité depuis Seetzen. [60] Josèphe, De bell. Jud., VII, vi, 1 et suiv. [61] Jos., Ant., XVIII, v, 1. [62] Lévitique, XVIII, 16. [63] Jos., Ant., XV, vii, 10. [64] Matth., XIV, 4 ; Marc, VI, 18 ; Luc, III, 19. [65] Jos., Ant., XVIII, v, 2. [66] Matth., XIV, 5. [67] Marc, VI, 20. Je lis ηπορει, et non εποιει |
||||
![]() |
chapitre suivant | |||
![]() |
Vie de Jésus : table des matières | |||
![]() |
la Bible en français & en hébreu, grec, latin | |||
![]() |
Ernest Renan : biographie | |||