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Vie de Jésus par Ernest Renan |
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Chapitre VIII Jésus à Capharnahum |
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Obsédé d'une idée de plus en plus impérieuse
et exclusive, Jésus marchera désormais avec une sorte
d'impassibilité fatale dans la voie que lui avaient tracée
son étonnant génie et les circonstances extraordinaires
où il vivait. Jusque-là il n'avait fait que communiquer
ses pensées à quelques personnes secrètement
attirées vers lui ; désormais son enseignement devient
public et suivi. Il avait à peu près trente ans [1]. Le petit groupe d'auditeurs
qui l'avait accompagné près de Jean-Baptiste s'était
grossi sans doute, et peut-être quelques disciples de Jean s'étaient-ils
joints à lui [2]. C'est avec ce premier noyau
d'Église qu'il annonce hardiment, dès son retour en
Galilée, la «bonne nouvelle du royaume de Dieu.» Ce
royaume allait venir, et c'était lui, Jésus, qui était
ce «Fils de l'homme» que Daniel en sa vision avait aperçu
comme l'appariteur divin de la dernière et suprême révélation. Il faut se rappeler que, dans les idées juives, antipathiques à l'art
et à la mythologie, la simple forme de l'homme avait une supériorité sur
celle des chérubs et des animaux fantastiques que l'imagination
du peuple, depuis qu'elle avait subi l'influence de l'Assyrie, supposait
rangés autour de la divine majesté. Déjà dans Ézéchiel [3],
l'être assis sur le trône suprême, bien au-dessus
des monstres du char mystérieux, le grand révélateur
des visions prophétiques a la figure d'un homme. Dans le Livre
de Daniel, au milieu de la vision des empires représentés
par des animaux, au moment où la séance du grand jugement
commence et où les livres sont ouverts, un être «semblable à un
fils de l'homme» s'avance vers l'Ancien des jours, qui lui confère
le pouvoir de juger le monde, et de le gouverner pour l'éternité [4]. Fils de l'homme est
dans les langues sémitiques, surtout dans les dialectes araméens,
un simple synonyme d'homme. Mais ce passage capital de Daniel
frappa les esprits ; le mot de fils de l'homme devint, au moins
dans certaines écoles [5],
un des titres du Messie envisagé comme juge du monde et comme
roi de l'ère nouvelle qui allait s'ouvrir [6]. L'application que s'en
faisait Jésus à lui-même était donc la
proclamation de sa messianité et l'affirmation de la prochaine
catastrophe où il devait figurer en juge, revêtu des
pleins pouvoirs que lui avait délégués l'Ancien
des jours [7]. Le succès de la parole du nouveau prophète fut cette
fois décisif. Un groupe d'hommes et de femmes, tous caractérisés
par un même esprit de candeur juvénile et de naïve
innocence, adhérèrent à lui et lui dirent : «Tu
es le Messie.» Comme le Messie devait être fils de David,
on lui décernait naturellement ce titre, qui était synonyme
du premier. Jésus se le laissait donner avec plaisir, quoiqu'il
lui causât quelque embarras, sa naissance étant toute
populaire. Pour lui, le titre qu'il préférait était
celui de «Fils de l'homme» titre humble en apparence,
mais qui se rattachait directement aux espérances messianiques.
C'est par ce mot qu'il se désignait [8],
si bien que dans sa bouche, «le Fils de l'homme» était
synonyme du pronom «je» dont il évitait de se
servir. Mais on ne l'apostrophait jamais ainsi, sans doute parce que
le nom dont il s'agit ne devait pleinement lui convenir qu'au jour
de sa future apparition. Le centre d'action de Jésus, à cette époque
de sa vie, fut la petite ville de Capharnahum, située sur le
bord du lac de Génésareth. Le nom de Capharnahum, où entre
le mot caphar, «village», semble désigner
une bourgade à l'ancienne manière, par opposition aux
grandes villes bâties selon la mode romaine, comme Tibériade [9].
Ce nom avait si peu de notoriété, que Josèphe, à un
endroit de ses écrits [10], le prend pour le nom d'une
fontaine, la fontaine ayant plus de célébrité que
le village situé près d'elle. Comme Nazareth, Capharnahum était
sans passé, et n'avait en rien participé au mouvement
profane favorisé par les Hérodes. Jésus s'attacha
beaucoup à cette ville et s'en fit comme une seconde patrie [11]. Peu après son retour,
il avait dirigé sur Nazareth une tentative qui n'eut aucun
succès [12]. Il n'y put faire aucun
miracle, selon la naïve remarque d'un de ses biographes [13]. La connaissance qu'on avait
de sa famille, laquelle était peu considérable, nuisait
trop à son autorité. On ne pouvait regarder comme le
fils de David celui dont on voyait tous les jours le frère,
la sœur, le beau-frère. Il est remarquable, du reste,
que sa famille lui fit une assez vive opposition, et refusa nettement
de croire a sa mission [14]. Les Nazaréens, bien
plus violents, voulurent, dit-on, le tuer en le précipitant
d'un sommet escarpé [15].
Jésus remarqua avec esprit que cette aventure lui était
commune avec tous les grands hommes, et il se fit l'application du
proverbe : «Nul n'est prophète en son pays.» Cet échec fut loin de le décourager. Il revint à Capharnahum [16], où il trouvait des
dispositions beaucoup meilleures, et de là il organisa une
série de missions sur les petites villes environnantes. Les
populations de ce beau et fertile pays n'étaient guère
réunies que le samedi. Ce fut le jour qu'il choisit pour ses
enseignements. Chaque ville avait alors sa synagogue ou lieu de séance.
C'était une salle rectangulaire, assez petite, avec un portique,
que l'on décorait des ordres grecs. Les Juifs, n'ayant pas
d'architecture propre, n'ont jamais tenu à donner à ces édifices
un style original. Les restes de plusieurs anciennes synagogues existent
encore en Galilée [17].
Elles sont toutes construites en grands et bons matériaux ;
mais leur style est assez mesquin par suite de cette profusion d'ornements
végétaux, de rinceaux, de torsades, qui caractérise
les monuments juifs [18].
A l'intérieur, il y avait des bancs, une chaire pour la lecture
publique, une armoire pour renfermer les rouleaux sacrés [19].
Ces édifices, qui n'avaient rien du temple, étaient
le centre de toute la vie juive. On s'y réunissait le jour
du sabbat pour la prière et pour la lecture de la Loi et des
Prophètes. Comme le judaïsme, hors de Jérusalem,
n'avait pas de clergé proprement dit, le premier venu se levait,
faisait les lectures du jour (parascha et haphtara),
et y ajoutait un midrasch ou commentaire tout personnel, où il
exposait ses propres idées [20]. C'était l'origine
de «l'homélie» dont nous trouvons le modèle
accompli dans les petits traités de Philon. On avait le droit
de faire des objections et des questions au lecteur ; de la sorte,
la réunion dégénérait vite en une sorte
d'assemblée libre. Elle avait un président [21], des «anciens [22]» un hazzan,
lecteur attitré ou appariteur [23],
des «envoyés [24]» sortes de secrétaires
ou de messagers qui faisaient la correspondance d'une synagogue à l'autre,
un schammasch ou sacristain [25]. Les synagogues étaient
ainsi de vraies petites républiques indépendantes ; elles
avaient une juridiction étendue. Comme toutes les corporations
municipales jusqu'à une époque avancée de l'empire
romain, elles faisaient des décrets honorifiques [26], votaient des résolutions
ayant force de loi pour la communauté, prononçaient
des peines corporelles dont l'exécuteur ordinaire était
le hazzan [27]. Avec l'extrême activité d'esprit qui a toujours caractérisé les
Juifs, une telle institution, malgré les rigueurs arbitraires
qu'elle comportait, ne pouvait manquer de donner lieu à des
discussions très animées. Grâce aux synagogues,
le judaïsme put traverser intact dix-huit siècles de persécution.
C'étaient comme autant de petits mondes à part, où l'esprit
national se conservait, et qui offraient aux luttes intestines des
champs tout préparés. Il s'y dépensait une somme énorme
de passion. Les querelles de préséance y étaient
vives. Avoir un fauteuil d'honneur au premier rang était la
récompense d'une haute piété, ou le privilège
de la richesse qu'on enviait le plus [28]. D'un autre côté,
la liberté, laissée à qui la voulait prendre,
de s'instituer lecteur et commentateur du texte sacré donnait
des facilités merveilleuses pour la propagation des nouveautés.
Ce fut là une des grandes forces de Jésus et le moyen
le plus habituel qu'il employa pour fonder son enseignement doctrinal [29].
Il entrait dans la synagogue, se levait pour lire ; le hazzan lui
tendait le livre, il le déroulait, et lisant la parascha ou
la haphtara du jour, il tirait de cette lecture quelque développement
conforme à ses idées [30]. Comme il y avait peu de
pharisiens en Galilée, la discussion contre lui ne prenait
pas ce degré de vivacité et ce ton d'acrimonie qui, à Jérusalem,
l'eussent arrêté court dès ses premiers pas. Ces
bons Galiléens n'avaient jamais entendu une parole aussi accommodée à leur
imagination riante [31]. On l'admirait, on le choyait,
on trouvait qu'il parlait bien et que ses raisons étaient convaincantes.
Les objections les plus difficiles, il les résolvait avec assurance ;
le charme de sa parole et de sa personne captivait ces populations
encore jeunes, que le pédantisme des docteurs n'avait pas desséchées. L'autorité du jeune maître allait ainsi tous les jours
grandissant, et, naturellement, plus on croyait en lui, plus il croyait
en lui-même. Son action était fort restreinte. Elle était
toute bornée au bassin du lac de Tibériade, et même
dans ce bassin elle avait une région préférée.
Le lac a cinq ou six lieues de long sur trois ou quatre de large ;
quoique offrant l'apparence d'un ovale assez régulier, il forme, à partir
de Tibériade jusqu'à l'entrée du Jourdain, une
sorte de golfe, dont la courbe mesure environ trois lieues. Voilà le
champ où la semence de Jésus trouva enfin la terre bien
préparée. Parcourons-le pas à pas, en essayant
de soulever le manteau de sécheresse et de deuil dont l'a couvert
le démon de l'islam. En sortant de Tibériade, ce sont d'abord des rochers escarpés,
une montagne qui semble s'écrouler dans la mer. Puis les montagnes
s'écartent ; une plaine (El-Ghoueir) s'ouvre presque
au niveau du lac. C'est un délicieux bosquet de haute verdure,
sillonné par d'abondantes eaux qui sortent en partie d'un grand
bassin rond, de construction antique (Aïn-Medawara). A
l'entrée de cette plaine, qui est le pays de Génésareth
proprement dit, se trouve le misérable village de Medjdel.
A l'autre extrémité de la plaine (toujours en suivant
la mer), on rencontre un emplacement de ville (Khan-Minyeh),
de très belles eaux (Aïn-et-Tin), un joli chemin, étroit
et profond, taillé dans le roc, que certainement Jésus
a souvent suivi, et qui sert de passage entre la plaine de Génésareth
et le talus septentrional du lac. A un quart d'heure de là,
on traverse une petite rivière d'eau salée (Aïn-Tabiga),
sortant de terre par plusieurs larges sources à quelques pas
du lac, et s'y jetant au milieu d'un épais fourré de
verdure. Enfin, à quarante minutes plus loin, sur la pente
aride qui s'étend d'Aïn-Tabiga à l'embouchure du
Jourdain, on trouve quelques huttes et un ensemble de ruines assez
monumentales, nommés Tell-Hum. Cinq petites villes, dont l'humanité parlera éternellement
autant que de Rome et d'Athènes, étaient, du temps de
Jésus, disséminées dans l'espace qui s'étend
du village de Medjdel à Tell-Hum. De ces cinq villes, Magdala,
Dalmanutha, Capharnahum, Bethsaïde, Chorazin [32], la première seule
se laisse retrouver aujourd'hui avec certitude. L'affreux village
de Medjdel a sans doute conservé le nom et la place de la bourgade
qui donna à Jésus sa plus fidèle amie [33]. Dalmanutha était
probablement près de là [34].
Il n'est pas impossible que Chorazin fût un peu dans les terres,
du côté du nord [35]. Quant à Bethsaïde
et Capharnahum, c'est en vérité presque au hasard qu'on
les place à Tell-Hum, à Aïn-et-Tin, à Khan-Minyeh, à Aïn-Medawara [36]. On dirait qu'en topographie,
comme en histoire, un dessein profond ait voulu cacher les traces
du grand fondateur. Il est douteux qu'on arrive jamais, sur ce sol
profondément dévasté, à fixer les places
où l'humanité voudrait venir baiser l'empreinte de ses
pieds. Le lac, l'horizon, les arbustes, les fleurs, voilà donc tout
ce qui reste du petit canton de trois ou quatre lieues où Jésus
fonda son œuvre divine. Les arbres ont totalement disparu. Dans
ce pays, où la végétation était autrefois
si brillante que Josèphe y voyait une sorte de miracle,—la
nature, suivant lui, s'étant plu à rapprocher ici côte à côte
les plantes des pays froids, les productions des zones brûlantes,
les arbres des climats moyens, chargés toute l'année
de fleurs et de fruits [37] ;—dans ce pays, dis-je,
on calcule maintenant un jour d'avance l'endroit où l'on trouvera
le lendemain un peu d'ombre pour son repas. Le lac est devenu désert.
Une seule barque, dans le plus misérable état, sillonne
aujourd'hui ces flots jadis si riches de vie et de joie. Mais les
eaux sont toujours légères et transparentes [38]. La grève, composée
de rochers ou de galets, est bien celle d'une petite mer, non celle
d'un étang, comme les bords du lac Huleh. Elle est nette, propre,
sans vase, toujours battue au même endroit par le léger
mouvement des flots. De petits promontoires, couverts de lauriers
roses, de tamaris et de câpriers épineux, s'y dessinent ; à deux
endroits surtout, à la sortie du Jourdain, près de Tarichée,
et au bord de la plaine de Génésareth, il y a d'enivrants
parterres, où les vagues viennent s'éteindre en des
massifs de gazon et de fleurs. Le ruisseau d'Aïn-Tabiga fait
un petit estuaire, plein de jolis coquillages. Des nuées d'oiseaux
nageurs couvrent le lac. L'horizon est éblouissant de lumière.
Les eaux, d'un azur céleste, profondément encaissées
entre des roches brûlantes, semblent, quand on les regarde du
haut des montagnes de Safed, occuper le fond d'une coupe d'or. Au
nord, les ravins neigeux de l'Hermon se découpent en lignes
blanches sur le ciel ; à l'ouest, les hauts plateaux ondulés
de la Gaulonitide et de la Pérée, absolument arides
et revêtus par le soleil d'une sorte d'atmosphère veloutée,
forment une montagne compacte, ou pour mieux dire une longue terrasse
très élevée, qui, depuis Césarée
de Philippe, court indéfiniment vers le sud. La chaleur sur les bords est maintenant très pesante. Le lac
occupe une dépression de deux cents mètres au-dessous
du niveau de la Méditerranée [39],
et participe ainsi des conditions torrides de la mer Morte [40]. Une végétation
abondante tempérait autrefois ces ardeurs excessives ; on comprendrait
difficilement qu'une fournaise comme est aujourd'hui tout le bassin
du lac, à partir du mois de mai, eût jamais été le
théâtre d'une prodigieuse activité. Josèphe,
d'ailleurs, trouve le pays fort tempéré [41].
Sans doute il y a eu ici, comme dans la campagne de Rome, quelque
changement de climat, amené par des causes historiques. C'est
l'islamisme, et surtout la réaction musulmane contre les croisades,
qui ont desséché, à la façon d'un vent
de mort, le canton préféré de Jésus. La
belle terre de Génésareth ne se doutait pas que sous
le front de ce pacifique promeneur s'agitaient ses destinées.
Dangereux compatriote, Jésus a été fatal au pays
qui eut le redoutable honneur de le porter. Devenue pour tous un objet
d'amour ou de haine, convoitée par deux fanatismes rivaux,
la Galilée devait, pour prix de sa gloire, se changer en désert.
Mais qui voudrait dire que Jésus eût été plus
heureux, s'il eût vécu un plein âge d'homme, obscur
en son village ? Et ces ingrats Nazaréens, qui penserait à eux, si,
au risque de compromettre l'avenir de leur bourgade, un des leurs
n'eût reconnu son Père et ne se fût proclamé fils
de Dieu ? Quatre ou cinq gros villages, situés à une demi-heure
l'un de l'autre, voilà donc le petit monde de Jésus à l'époque
où nous sommes. Il ne semble pas être jamais entré à Tibériade,
ville toute profane, peuplée en grande partie de païens
et résidence habituelle d'Antipas [42]. Quelquefois, cependant,
il s'écartait de sa région favorite. Il allait en barque
sur la rive orientale, à, Gergésa par exemple [43]. Vers le nord, on le voit à Panéas
ou Césarée de Philippe [44], au pied de l'Hermon. Une
fois, enfin, il fait une course du côté de Tyr et de
Sidon [45], pays qui devait être
alors merveilleusement florissant. Dans toutes ces contrées,
il était en plein paganisme [46]. A Césarée,
il vit la célèbre grotte du Panium, où l'on
plaçait la source du Jourdain, et que la croyance populaire
entourait d'étranges légendes [47] ; il put admirer le temple
de marbre qu'Hérode fit élever près de là en
l'honneur d'Auguste [48] ; il s'arrêta probablement
devant les nombreuses statues votives à Pan, aux Nymphes, à l'Écho
de la grotte, que la piété entassait déjà en
ce bel endroit [49].
Un juif évhémériste, habitué à prendre
les dieux étrangers pour des hommes divinisés ou pour
des démons, devait considérer toutes ces représentations
figurées comme des idoles. Les séductions des cultes
naturalistes, qui enivraient les races plus sensitives, le laissèrent
froid. Il n'eut sans doute aucune connaissance de ce que le vieux
sanctuaire de Melkarth, à Tyr, pouvait renfermer encore d'un
culte primitif plus ou moins analogue à celui des Juifs [50]. Le paganisme, qui, en Phénicie,
avait élevé sur chaque colline un temple et un bois
sacré, tout cet aspect de grande industrie et de richesse profane [51], durent peu lui sourire.
Le monothéisme enlève toute aptitude à comprendre
les religions païennes ; le musulman jeté dans les pays
polythéistes semble n'avoir pas d'yeux. Jésus sans contredit
n'apprit rien dans ces voyages. Il revenait toujours à sa rive
bien-aimée de Génésareth. Le centre de ses pensées était
là ; là, il trouvait foi et amour. NOTES pour revenir au texte cliquer [retour] sur le navigateur ou sur le clavier [1] Luc, III, 23 ; évangile des Ébionim, dans Epiph., Adv. hær. XXX, 13. [2] Jean, I, 37 et suiv. [3] I, 5, 26 et suiv. [4] Daniel, VII, 13-14. Comp. VIII, 15 ; X, 16. [5] Dans Jean, XII, 34, les Juifs ne paraissent pas au courant du sens de ce mot. [6] Livre d'Hénoch, XLVI, 1, 2, 3 ; XLVIII, 2, 3 ; LXII 9, 14 ; LXX, 1 (division de Dillmann) ; Matth., X, 23 ; XIII, 41 ; XVI, 27-28 ; XIX, 28 ; XXIV, 27, 30, 37, 39, 44 ; XXV, 31 ; XXVI, 64 ; Marc, XIII, 26 ; XIV, 62 ; Luc, XII, 40 ; XVII, 24, 26, 30 ; XXI, 27, 36 ; XXII, 69 ; Actes, VII, 55. Mais le passage le plus significatif est : Jean, V, 27, rapproché d'Apoc., I, 13 ; XIV, 14. L'expression, «Fils de la femme» pour le Messie se trouve une fois dans le livre d'Hénoch, LXII, 8. [7] Jean, V, 22, 27. [8] Ce titre revient quatre-vingt-trois fois dans les Évangiles, et toujours dans les discours de Jésus. [9] Il est vrai que Tell-Hum, qu'on identifie d'ordinaire avec Capharnahum, offre des restes d'assez beaux monuments. Mais, outre que cette identification est douteuse, lesdits monuments peuvent être du IIe et du IIIe siècle après J.-C. [10] B.J., III, X, 8. [11] Matth., IX, 4 ; Marc, II, 4. [12] Matth., XIII, 54 et suiv. ; Marc, VI, 4 et suiv. ; Luc, IV, 46 et suiv., 23-24 ; Jean, IV, 44. [13] Marc, VI, 3. Cf. Matth., XII, 58 ; Luc, IV, 23. [14] Matth., XIII, 57 ; Marc, VI, 4 ; Jean, VII, 3 et suiv. [15] Luc, IV, 29. Probablement il s'agit ici du rocher à pic qui est très près de Nazareth, au-dessus de l'église actuelle des Maronites, et non du prétendu Mont de la Précipitation, à une heure de Nazareth. V. Robinson, II, 335 et suiv. [16] Matth., IV, 13 ; Luc, IV, 31. [17] A Tell-Hum, à Irbid (Arbela), à Meiron (Mero), à Jiseh (Giscala), à Kasyoun, à Nabartein, deux à Kefr-Bereim. [18] Je n'ose encore me prononcer sur l'âge de ces monuments, ni par conséquent affirmer que Jésus ait enseigné dans aucun d'eux. Quel intérêt n'aurait pas, dans une telle hypothèse, la synagogue de Tell-Hum La grande synagogue de Kefr-Bereim me semble la plus ancienne de toutes. Elle est d'un style assez pur. Celle de Kasyoun porte une inscription grecque du temps de Septime Sévère. La grande importance que prit le judaïsme dans la haute Galilée après la guerre des Romains permet de croire que plusieurs de ces édifices ne remontent qu'au IIIe siècle, époque où Tibériade devint une sorte de capitale du judaïsme. [19] II Esdr., VIII, 4 ; Matth., XXIII, 6 ; Epist. Jac., II, 3 ; Mischna, Megilla, III, 1 ; Rosch hasschana, IV, 7, etc. Voir surtout la curieuse description de la synagogue d'Alexandrie dans le Talmud de Babylone, Sukka, 51 b. [20] Philon, cité dans Eusèbe, Proep. evang., VIII, 7, et Quod omnis probus liber, § 12 ; Luc, IV, 16 ; Act. XIII, 15 ; XV, 21 ; Mischna, Megilla, III, 4 et suiv. [21] Αρχισυναγωγος. [22] Πρεσβυτεροι. [23] Υπηρετης. [24] Αποστολοι ou αγγελοι. [25] Διαχονος. Marc, V, 22, 35 et suiv. ; Luc, IV, 20 ; VII, 3 ; VIII, 41, 49 ; XIII, 14 ; Act., XIII, 15 ; XVIII, 8, 17 ; Apoc., II, 1 ; Mischna, Joma, VII, 1 ; Rosch hasschana, IV, 9 ; Talm. de Jérus., Sanhédrin, I, 7 ; Epiph., Adv. hær., XXX, 4, 11. [26] Inscription de Bérénice, dans le Corpus inscr. græc., n° 5361 ; inscription de Kasyoun, dans la Mission de Phénicie, livre IV [sous presse]. [27] Matth., V, 25 ; X, 17 ; XXIII, 34 ; Marc, XIII, 9 ; Luc, XII, 11 ; XXI, 12 ; Act., XXII, 19 ; XXVI, 11 ; II Cor., XI, 24 ; Mischna, Macoth, III, 12 Talmud de Babyl., Megilla, 7b ; Epiph., Adv. hær., XXX, 11. [28] Matth., XXIII, 6 ; Epist. Jac., II 3 ; Talm. de Bab., Sukka, 51 b. [29] Matth., IV, 23 ; IX, 35 ; Marc, I, 21,39 ; VI, 2 ; Luc, IV, 15, 46, 31, 44 ; XIII, 10 ; Jean, XVIII, 20. [30] Luc, IV, 16 et suiv. Comp. Mischna, Joma, VII, 1. [31] Matth., VII, 28 ; XIII, 54, Marc, I, 22 ; VI, 1 ; Luc, IV, 22, 32. [32] L'antique Kinnéreth avait disparu ou changé de nom. [33] On sait en effet qu'elle était très voisine de Tibériade. Talmud de Jérusalem, Maasaroth, III, I ; Schebiit, IX, 1 ; Erubin., vV7. [34] Marc, VIII, 10. Comp. Matth., XV, 39. [35] A l'endroit nommé Khorazi ou Bir-Kérazeh, au-dessus de Tell-Hum. [36] L'ancienne hypothèse qui identifiait Tell-Hum avec Capharnahum, bien que fortement attaquée depuis quelques années, conserve encore de nombreux défenseurs. Le meilleur argument qu'on puisse faire valoir en sa faveur est le nom même de Tell-Hum, Tell entrant dans le nom de beaucoup de villages et ayant pu remplacer Caphar. Impossible, d'un autre côté, de trouver près de Tell-Hum une fontaine répondant à ce que dit Josèphe (B. J., III, x, 8). Cette fontaine de Capharnahum semble bien être Aïn-Medawara ; mais Aïn-Medawara est à une demi-heure du lac, tandis que Capharnahum était une ville de pêcheurs sur le bord même de la mer (Matth., IV, 13 ; Jean, VI, 17). Les difficultés pour Bethsaïde sont plus grandes encore ; car l'hypothèse, assez généralement admise, de deux Bethsaïdes, l'une sur la rive occidentale, l'autre sur la rive orientale du lac, et à deux ou trois lieues l'une de l'autre, a quelque chose de singulier. [37] B. J., III, x, 8. [38] B. J., III, x, 7 ; Jacques de Vitri, dans le Gesta Dei per Francos, I, 1075. [39] C'est l'évaluation du capitaine Lynch (dans Ritter, Erd-kunde, XV, 1re part., p. XX). Elle concorde à peu près avec celle de M. de Bertou (Bulletin de la Soc. de géogr., 2e série, XII, p. 146). [40] La dépression de la mer Morte est du double. [41] B. J., III, x, 7 et 8. [42] Jos., Ant., XVIII, II, 3 ; Vita, 12, 13, 64. [43] J'adopte l'opinion de M. Thomson (The Land and the Book, II, 34 et suiv.), d'après laquelle la Gergésa de Matthieu (VIII, 28), identique à la ville chananéenne de Girgasch (Gen., X, 16 ; XV, 21 ; Deut., VII, 1 ; Josué, XXIV, 11), serait l'emplacement nommé maintenant Kersa ou Gersa, sur la rive orientale, à peu près vis-à-vis de Magdala. Marc (V, 1) et Luc (VIII, 26) nomment Gadara ou Gerasa au lieu de Gergesa. Gerasa est une leçon impossible, les évangélistes nous apprenant que la ville en question était près du lac et vis-à-vis de la Galilée. Quant à Gadare, aujourd'hui Om-Keis, à une heure et demie du lac et du Jourdain, les circonstances locales données par Marc et Luc n'y conviennent guère. On comprend d'ailleurs que Gergesa soit devenue Gerasa, nom bien plus connu, et que les impossibilités topographiques qu'offrait cette dernière lecture aient fait adopter Gadara. Cf. Orig., Comment. in Joann., VI, 24 ; X, 10 ; Eusèbe et saint Jérôme, De situ et nomin. loc. hebr., aux mots Γεργεσα, Γεργασει. [44] Matth., XVI, 13 ; Marc, VIII, 27. [45] Matth., XV, 21 ; Marc, VII, 24, 31. [46] Jos., Vita, 13. [47] Jos., Ant., XV, x, 3 ; B.J., I, xxi, 3 ; III, x, 7 ; Benjamin de Tudèle, p. 46, édit. Asher. [48] Jos., Ant., XV, x, 3. [49] Corpus. inscr. gr., nos 4537, 4538, 4538 b, 4539. [50] Lucianus (ut fertur), De dea syria, 3. [51] Les traces de la riche civilisation païenne de ce temps couvrent encore tout le Beled-Bescharrah, et surtout les montagnes qui forment le massif du cap Blanc et du cap Nakoura. |
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