En gaélique, la fête porte le nom de Bealtaine
Lá na Bealtaine : premier mai
Dans les pays celtiques, on allume des bûchers la veille de Beltaine, Oíche Bhealtaine, l'opposé d'Oíche Shamhna
(Halloween).
On peut constater que les deux principales fêtes celtiques, Samain le 1er novembre, et Beltaine le 1er mai, sont aujourd'hui des jours fériés.
Elle a donné son nom a des villages de France : Sainte-Gauburge dans le Perche, Sainte-Vaubourg dans les Ardennes.
en allemand : Walpurgisnacht
en suédois : Valborgsmässoafton
En Suède, on fête Valborg ; mäss : messe, d'où Valborgmäss,
cf. anglais Christmas ; afton : veille.
en finnois : Vappu
Cette tradition est toujours vivace : de nos jours, on offre un brin de muguet.
en ancien français, on trouve d'autres expressions :
maiole : le premier mai
maiolier : arbre de mai, décoré avec des branches vertes
Les Romains célébraient les Floralia (Florales) au début du mois de mai en l'honneur de Flora (Flore), la déesse des fleurs.
En Grèce, cette fête portait le nom de Ἀνθεστήρια (Anthestèries, de anthos,
fleur cf. anthologie à l'origine recueil de fleurs). Cette tradition perdure toujours en Grèce: des couronnes de fleurs sont suspendues à l'entrée
des maisons.
Le premier mai en France, la reine des fleurs, c'est le muguet. Il doit son nom au parfum de muscade. En ancien français, on écrivait musgue,
musque...
mugueter, c'était conter fleurette, flirter.
un muguet, c'était un jeune élégant et une muguette, une jeune élégante... qui sentent bon comme le
muguet...
un muguet affecte d'estre propre, paré, mignon auprés des Dames; c'est un muguet, jeune muguet. il fait le muguet.
dans ce sens, on dit venustulus en latin (dictionnaire Nicot)
Mai, c'est aussi le temps des amours...
offrez du muguet : ça porte bonheur et ça rend amoureux !
Le muguet fait partie de la famille des liliacées (lis), on trouvait autrefois le nom de lis des vallées maintenu dans l'anglais lily
of the valley
son nom scientifique (latin) est convallaria maialis (ou majalis) du latin classique convallis (vallée
encaissée) et maialis (de mai)
en allemand : Maiglöckchen (clochettes de mai, diminutif de Glocke, cloche)
en italien : mughetto
en espagnol : muguete
Le 1er mai 1886 éclate à Chicago des émeutes pour réclamer la journée de 8 heures.
En 1889, le congrès international ouvrier socialiste (IIe Internationale socialiste) se réunit à Paris à l'occasion du centenaire de
la Révolution française. Il vote la résolution suivante :
Il sera organisé une grande manifestation le 1er Mai, de manière que, dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour convenu,
les travailleurs mettent les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail et d'appliquer les autres résolutions du congrès
international de Paris.
Cette revendication sera accordée, en France, au lendemain de la première guerre mondiale. Le Front populaire en 1936 permettra les premiers congés payés.
Après la seconde guerre mondiale, le 1er mai devient jour férié et porte le nom de fête du Travail. Mais aujourd'hui, les revendications devraient aussi porter sur le droit au travail... Un droit qui est aujourd'hui plutôt bafoué...
• « Premier mai fais ce qu'il te plaît », réinterprétations contemporaines d'éléments folkloriques dans une petite ville ouvrière de l'Auxois, par Florence Weber, in Terrains (1988)
• Les chansons du Premier mai par Robert Brécy, in Revue d'histoire moderne et contemporaine (1981)
• La rue et la fête du Front Populaire, Vingtième Siècle, revue d'histoire (1990)
• Le Premier mai 1936 entre deux tours et deux époques par Miguel Rodriguez
• Les Premier mai du Front populaire en province (1936-1939) par Antoine Prost
• Les Premier mai 1919 et 1920 dans le Morbihan par Christian Chaudré, in Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest (1995)
• Le Premier mai à Berlin-Est dans les années 1950 par Jérôme Bazin, in Vingtième Siècle, revue d'histoire (2008)