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Halloween | ![]() |
Étymologie
Halloween (ou Hallowe'en) n'est pas un nom d'origine celtique mais
bien anglais. C'est une abréviation de Allhallow-even qui signifie eve of All
Saints : la veille de la Toussaint. Halloween est donc fêté le 31 octobre.
L'anglais a deux termes pour désigner la Toussaint: De la même origine holy (de l'ancien saxon halig) qui a formé holiday : jour saint, jour consacré à la religion, et par extension: jour férié, jour de vacances. Ce mot est apparenté à l'allemand heilig, d'où: Allerheiligen, Toussaint Eve est une forme usuelle de even qui a formé evening
(soir), d'origine germanique et apparenté à l'allemand Abend (soir). On trouve parfois ces expressions : Hallow-eve et Hallow-day pour désigner
la veille et le jours des Saints ou encore Hallowmas (cf. Christmas, Noël avec -mas de messe). Halloween, c'est donc, littéralement, la veille de la Toussaint. Et pourtant, si le nom évoque la Toussaint, Halloween n'a rien à voir avec la fête de tous les saints catholiques ! Halloween, c'est le réveillon de Samhain (se prononce un peu comme "saween") ![]() Samhain
On sait très peu de choses sur la religion des Celtes. À l'origine, ce que nous appelons Halloween
se dit en gaélique Oíche Shamhna. C'est la saint Sylvestre celtique : le dernier jour
de l'année et le lendemain, c'est le jour de l'an : Samhain (ou Samhuinn
en gaélique d'Écosse). Et, pendant cette nuit qui enterrait l'année celtique, les esprits et autres fantômes
pouvaient revenir et hanter les maisons des vivants...
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vocabulaire gaélique-anglais sur Halloween | |||||||||||||||||||||||||
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langue gaélique d'Irlande | |||||||||||||||||||||||||
Trick or Treat!
C'est la version Halloween de... la bourse ou la vie ?...
Ou, plus littéralement : un sort ou une friandise ? trick désigne le sort, le tour; du normand triquer, variante du français tricher. En ancien français tricher quelqu'un, c'est le tromper. treat du français traiter. Si le sens principal du verbe anglais est le même qu'en français, une nouvelle acception est apparue avec le sens de donner sans contrepartie. Treat, désigne dans ce cadre, une friandise. En français, on pourrait dire : trique ou traite ? Le soir d'Halloween, pendant une période d'environ 3 heures, les enfants Américains courent de maison en maison pour
amasser le plus de friandises. Au Québec, on emploie l'expression courir l'Halloween : les
maisons canadiennes sont très espacées les unes des autres ! De nombreuses maisons sont décorées à l'extérieur pour inviter les enfants à prendre des friandises. Ceux qui refusent de donner, on leur joue un tour... Mais attention: Halloween est une fête dangereuse ! Les sorcières et les pervers décorent aussi leur maison pour attirer les enfants et leur jouer de très sales tours ! Chaque année, de nombreux enfants disparaissent le soir d'Halloween... Pour la plus grande joie du diable... ![]() Jack O'Lantern
Plusieurs légendes circulent sur cette citrouille. À l'origine, c'était des navets (en Irlande, ils sont
bien plus gros qu'en France) ou des pommes de terre. On raconte que les Irlandais craignaient les revenants ce jour-là. Ils plaçaient
une petite lumière dans un navet (pour protéger la flamme du vent) devant la porte ainsi que des aliments pour chasser les
mauvais esprits et les revenants...
Et la légende de Jack : les portes de l'Enfer lui ont été refusées ; le diable lui a cependant
donné une petite flamme, issue des fournaises ardentes. Jack plaça la flamme diabolique dans un navet. Désormais, on l'appelle
Jack O'Lantern (Jack-with-a-Lantern, Jack-a-Lantern,
Jack-o'-lantern). Les Irlandais qui ont émigré en masse aux États-Unis, lors de la grande famine du milieu du XIXe siècle, ont apporté leur légendes... Et en Amérique, Samhain est devenu Halloween et le navet s'est transformé en citrouille... Et cette citrouille-lanterne porte le nom de Jack O'Lantern... ![]() L'Ankou et les betteraves en Bretagne
Pierre-Jakez Hélias raconte ses souvenirs d'enfance, au pays Bigouden (sud-ouest de Quimper), entre les deux guerres :
Vient une année où toutes [les échasses] du quartier sont mobilisées pour une mise en scène qui manque de faire passer sur le haut du bourg le frisson de l'an mille. Nous avons l'habitude, vers l'approche de la Toussaint, de creuser des betteraves, d'y pratiquer des trous en forme d'yeux, de nez et de bouche, d'y introduire un bout de bougie et de refermer le tout. Ce lampion à tête humaine, posé la nuit sur un talus ou dissimulé dans les broussailles d'un chemin creux, terrifie toujours quelques noctambules. Quelquefois aussi, on le dépose sur la fenêtre d'une vieille fille connue pour son petit courage et son esprit crédule. Quelqu'un frappe du doigt sur la vitre avant d'aller se tapir non loin de là. La vieille, qui se chauffe les membres au feu de son âtre, tourne la tête vers la fenêtre et croit voir l'Ankou, os et flamme. Elle pousse un cri terrible. Elle appelle la Sainte Vierge. La voilà qui se précipite au-dehors, affolée, pour chercher au galop on ne sait quel secours. Alors, les garnements reprennent la betterave tête-de-mort et disparaissent. Quand la vieille revient avec le plus proche voisin, il n'y a plus rien à voir. Et tout le bourg fait des gorges chaudes. La dernière vision de la pauvre femme donne pâture aux langues pendant quelques jours, à toutes les langues sauf quelques-unes : et si c'était vraiment l'Ankou ! Cette fois-ci, nous décidons de corser le spectacle. Chacun de nous s'attache la tête-betterave sur la tête en
chair et en os, monte sur sa paire d'échasses. Un Timen, un Le Gall ou un Le Corre qui a eu l'idée nous met les uns derrière les autres
à la queue leu leu. Et nous descendons ainsi, dans la nuit noire, le sentier qui borde le champ du recteur. Tout à coup, quelqu'un entonne
le Libera, les autres reprennent de leur mieux. Ce chur funèbre attire sur le pas des portes les femmes intriguées qui
laissent brûler leur bouillie pour savoir qui on enterre à cette heure... Quand elles voient s'avancer ces yeux de feu et ces bouches
d'enfer à deux mètres du sol, elles éclatent en de telles clameurs que nous en sommes saisis nous-mêmes. Nous dévalons de nos échasses,
perdant du même coup nos têtes-betteraves dans une avalanche de Jugement Dernier. Aucun de nous n'avouera jamais avoir participé à ce
coup-là. Le Libera était de trop. On ne plaisante pas avec l'Autre Monde, même sur des échasses.
À propos de l'Ankou :
Un personnage dont on ne prononcera jamais le nom sans frémir. C'est l'Ankou, le squelette à la faux, le Trépas lui-même, le moissonneur
des corps. On préfère l'appeler Lui et, dans le contexte où arrive de Lui, tout le monde comprend. Ce Lui-là est toujours vainqueur
tôt ou tard. [le recteur, c'est à dire le curé] n'aime pas beaucoup parler de l'Ankou. Un jour au catéchisme nous lui avons
demandé ce qu'il est au juste. Il nous a répondu qu'il est celui qui vient nous chercher pour nous emmener dans l'autre monde. Pierre-Jakez Hélias, Le cheval d'orgueil
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