nouveau
Lexilogos
Halloween
mardi 31 octobre 2017
recherche


Étymologie
Halloween (on écrivait aussi Hallowe'en) est une contraction de All Hallow Even : c'est la veille de la Toussaint (ou All Hallow Eve). Halloween est donc célébrée le dernier soir d'octobre.

L'anglais a deux termes pour désigner la Toussaint :
All Saint's Day avec le mot saint, emprunté au français, du latin sanctus.
All Hallows' Day (ou All Hallows) est d'origine germanique, de l'ancien saxon haliga, halga.

On trouve parfois la forme contractée Hallow-day ou Hallowday pour désigner le jour de la Toussaint ; ou encore Hallowmas (contraction de All-Hallow-mass, cf. Christmas, Noël, avec le suffixe -mas de messe)

De la même origine, holy (de l'ancien saxon halig) a formé holiday : jour saint, jour consacré à la religion, et par extension : jour férié, jour de vacances.

Ce mot est apparenté à l'allemand heilig, d'où Allerheiligen, Toussaint

Eve est une forme usuelle de even qui a formé evening (soir), d'origine germanique et apparenté à l'allemand Abend (soir).

Halloween n'a cependant pas de rapport avec la fête de tous les saints catholiques. C'est le réveillon du jour de l'an celtique. L'année commençait alors le 1er novembre : Samhain (se prononce un peu comme "saween")

Halloween
Samhain
On sait très peu de choses sur la religion des Celtes. À l'origine, ce que nous appelons Halloween se dit en gaélique Oíche Shamhna. C'est la saint Sylvestre celtique : le dernier jour de l'année et le lendemain, c'est le jour de l'an : Samhain (ou Samhuinn en gaélique d'Écosse). Et, pendant cette nuit qui enterrait l'année celtique, les esprits et autres fantômes pouvaient revenir et hanter les maisons des vivants...
Samhain Toussaint (Samhuinn en gaélique d'Écosse)
Oíche Shamhna Halloween (nuit, oíche, de la Toussaint)
Mí na Samhna novembre (le mois de Samhain)
  -mh- en milieu de mot se prononce [o] Samh- se prononce [sow] comme l'anglais "how"
ai se prononce [i] > terminaison en [in'] sans nasale
le h est très aspiré: cela revient à prononcer [sam-ha-in']
rapidement en évitant de trop articuler

Shamhna est le génitif de Samhain
sh- se prononce [h] Shamh- se prononce comme l'anglais "how"
   
púca esprit, fantôme [pou-]
cleas nó cóir trick or treat
tornapa navet (en anglais : turnip)
puimcín [pimkine] citrouille (en anglais : pumpkin)
cailleach sorcière (en anglais : witch)
scuab chaillí manche à balai de sorcière (witch's broomstick)
vocabulaire gaélique-anglais concernant halloween

-> gaélique irlandais

citrouille Halloween
Trick or Treat!
C'est la version Halloween, made in America, de... la bourse ou la vie !
Ou, plus littéralement : un sort ou une friandise ?
Trick désigne le sort, le tour ; du normand triquer, variante du français tricher. En ancien français tricher quelqu'un, c'est le tromper.
Treat vient du français traiter. Si le sens principal du verbe anglais est le même qu'en français, une nouvelle acception est apparue avec le sens de donner sans contrepartie. Treat, désigne dans ce cadre, une friandise.

En français, on pourrait dire : trique ou traite ?

Le soir d'halloween, les enfants américains courent de maison en maison pour amasser le plus de friandises. Au Québec, on emploie l'expression courir l'halloween : les maisons canadiennes sont très espacées les unes des autres !

De nombreuses maisons sont décorées à l'extérieur pour inviter les enfants à prendre des friandises. Ceux qui refusent de donner, on leur joue un tour...

Mais attention: halloween n'est pas une fête sans dangers ! Les sorcières et les pervers décorent aussi leur maison pour attirer les enfants et leur jouer de très sales tours ! Chaque année, de nombreux enfants disparaissent le soir d'halloween... Pour la plus grande joie du diable...

timbre Halloween
Jack O'Lantern
Plusieurs légendes circulent sur cette citrouille. À l'origine, c'était des navets (en Irlande, ils sont bien plus gros qu'en France) ou des pommes de terre. On raconte que les Irlandais craignaient les revenants ce jour-là. Ils plaçaient une petite lumière dans un navet (pour protéger la flamme du vent) devant la porte ainsi que des aliments pour chasser les mauvais esprits et les revenants...

Et la légende de Jack : les portes de l'enfer lui ont été refusées ; le diable lui a cependant donné une petite flamme, issue des fournaises ardentes. Jack plaça la flamme diabolique dans un navet. Désormais, on l'appelle Jack O'Lantern (Jack-with-a-Lantern, Jack-a-Lantern, Jack-o'-lantern).

Les Irlandais qui ont émigré en masse aux États-Unis, lors de la grande famine du milieu du XIXe siècle, ont apporté leur légendes... Et en Amérique, Samhain est devenu Halloween et le navet s'est transformé en citrouille... Et cette citrouille-lanterne porte le nom de Jack O'Lantern...

Jack O'Lantern
L'Ankou et les betteraves en Bretagne
Pierre-Jakez Hélias raconte ses souvenirs d'enfance, au pays Bigouden (sud-ouest de Quimper), entre les deux guerres :

Vient une année où toutes [les échasses] du quartier sont mobilisées pour une mise en scène qui manque de faire passer sur le haut du bourg le frisson de l'an mille. Nous avons l'habitude, vers l'approche de la Toussaint, de creuser des betteraves, d'y pratiquer des trous en forme d'yeux, de nez et de bouche, d'y introduire un bout de bougie et de refermer le tout. Ce lampion à tête humaine, posé la nuit sur un talus ou dissimulé dans les broussailles d'un chemin creux, terrifie toujours quelques noctambules. Quelquefois aussi, on le dépose sur la fenêtre d'une vieille fille connue pour son petit courage et son esprit crédule. Quelqu'un frappe du doigt sur la vitre avant d'aller se tapir non loin de là. La vieille, qui se chauffe les membres au feu de son âtre, tourne la tête vers la fenêtre et croit voir l'Ankou, os et flamme. Elle pousse un cri terrible. Elle appelle la Sainte Vierge. La voilà qui se précipite au-dehors, affolée, pour chercher au galop on ne sait quel secours. Alors, les garnements reprennent la betterave tête-de-mort et disparaissent. Quand la vieille revient avec le plus proche voisin, il n'y a plus rien à voir. Et tout le bourg fait des gorges chaudes. La dernière vision de la pauvre femme donne pâture aux langues pendant quelques jours, à toutes les langues sauf quelques-unes : et si c'était vraiment l'Ankou !

Cette fois-ci, nous décidons de corser le spectacle. Chacun de nous s'attache la tête-betterave sur la tête en chair et en os, monte sur sa paire d'échasses. Un Timen, un Le Gall ou un Le Corre qui a eu l'idée nous met les uns derrière les autres à la queue leu leu. Et nous descendons ainsi, dans la nuit noire, le sentier qui borde le champ du recteur. Tout à coup, quelqu'un entonne le Libera, les autres reprennent de leur mieux. Ce chœur funèbre attire sur le pas des portes les femmes intriguées qui laissent brûler leur bouillie pour savoir qui on enterre à cette heure... Quand elles voient s'avancer ces yeux de feu et ces bouches d'enfer à deux mètres du sol, elles éclatent en de telles clameurs que nous en sommes saisis nous-mêmes. Nous dévalons de nos échasses, perdant du même coup nos têtes-betteraves dans une avalanche de Jugement Dernier. Aucun de nous n'avouera jamais avoir participé à ce coup-là. Le Libera était de trop. On ne plaisante pas avec l'Autre Monde, même sur des échasses.


À propos de l'Ankou :

Un personnage dont on ne prononcera jamais le nom sans frémir. C'est l'Ankou, le squelette à la faux, le Trépas lui-même, le moissonneur des corps. On préfère l'appeler Lui et, dans le contexte où arrive de Lui, tout le monde comprend. Ce Lui-là est toujours vainqueur tôt ou tard.
[...]

[le recteur, c'est à dire le curé] n'aime pas beaucoup parler de l'Ankou. Un jour au catéchisme nous lui avons demandé ce qu'il est au juste. Il nous a répondu qu'il est celui qui vient nous chercher pour nous emmener dans l'autre monde.

Pierre-Jakez Hélias, Le cheval d'orgueil
Livres & Documents

Halloween, une vieille fête britannique dans la modernité américaine par Adrien Lherm, in Communications (2005)

La diffusion d'halloween en Belgique francophone, à la poursuite d’une illusion, par Renaud Zeebroek, in Techniques & Culture (2009)

Allhallow Even, vulgarly Halle e'en or Nutcrack Night, in Observations on popular antiquities, par John Brandt & Henry Ellis (1849)

The book of Hallowe'en : origines & traditions d'halloween, par Ruth Edna Kelley (1919)

Halloween : cartes de vœux & images anciennes

-> Toussaint

-> 1er mai : fête celtique de Beltaine

-> calendriers

-> étymologie