Frédéric Mistral
     

Frédéric Mistral
Frédéric Mistral est né à Maillane, au Mas du Juge, au pied des Alpilles en 1830 ; il y meurt en 1914.

Il fonde le Félibrige le 21 mai 1854.

Il obtient le prix Nobel de littérature en 1904 : plus précisément, la moitié du prix qu'il partage avec l'espagnol José de Echegaray ; le prix Nobel avait été créé en 1901.


Maillane, sur la carte de Cassini
Maiano en Prouvenço
  Frédéric Mistral, Poet and Leader in Provence, par Charles Alfred Downer (1901)
     
  Frédéric Mistral, Encyclopedia Britannica (en anglais)
  biographie de Frédéric Mistral sur le site des Prix Nobel (en anglais)
  discours de l'Académie suédoise pour le Prix Nobel de littérature de 1904 (en anglais)
En reconnaissance de l'originalité fraîche et artistique de vos poésies qui reflètent si fidèlement la nature et la vie populaire de la Provence ; l'académie regarde aussi comme un devoir de couronner vos œuvres philologiques.

Med avseende fäst å det ursprungsfriska, snillrika och sant konstnärliga i hans diktning, som troget avspeglar hans hembygds natur och folkliv, samt å hans betydelsefulla verksamhet som provençalsk filolog

In recognition of the fresh originality and true inspiration of his poetic production, which faithfully reflects the natural scenery and native spirit of his people, and, in addition, his significant work as a Provençal philologist

prix nobel de littérature

médaille du Prix Nobel de littérature
  œuvres en ligne [PDF] de Frédéric Mistral : Mireille, Calendal, le Poème du Rhône, les Olivades, la Reine Jeanne, mémoires & récits... (en provençal avec la traduction française)
    a lou Tresor dóu Felibrige [PDF] 1878
 
  œuvres en provençal [PDF] Discours e dicho, Isclo d'or, Mirèio(+ texte français), Nerto, lis Oulivado, lou Pouèmo dóu Rose, la Rèino Jano...
    a la Geneso, traduction provençale de la Genèse
    a écrits politiques : recueil de textes et poèmes en français ou en provençal
    a commentaires & études sur Frédéric Mistral
     
  Mirèio : livre scanné
  mes origines : mémoires & récits de Frédéric Mistral
  memòri e raconte en provençal



 
Autant liuen que me rapelle, vese davans mis iue, au miejour, eilalin, uno bancado de mountagno que, dóu matin au vèspre, si mourre, si calanc, si baus e si valoun, quouro clar, quouro encre, bluiejon en oundado. Es la cadeno dis Aupiho, encenturado d'óulivié coume uno roucaredo grèco, un veritable miradou de glòri e de legèndo.
 
D'aussi loin qu'il me souvienne, je vois devant mes yeux, au Midi là-bas, une barre de montagnes dont les mamelons, les rampes, les falaises et les vallons bleuissaient du matin aux vêpres, plus ou moins clairs ou foncés, en hautes ondes. C'est la chaîne des Alpilles, ceinturée d'oliviers comme un massif de roches grecques, un véritable belvédère de gloire et de légendes.
 




Frédéric Mistral





Naissance d'une vocation : Frédéric Mistral vient de terminer ses études et rentre au mas, à Maillane...


 
E quand, encaro dre, davans tóuti li ràfi, aguère rendu comte de ma darriero estubo, moun venerable paire, sènso mai ana cerca, me faguè que dire :
- Aro, moun bèl enfant, iéu, ai fa moun devé, n'en sabes forço mai que noun me n'an aprés... Es à tu de t'entrina : te laisse libre.
— Gramaci, ié respounde guère.
 
Et lorsque, encore debout, devant tous les laboureurs, j'eus rendu compte de ma dernière suée, mon vénérable père, sans autre observation, me dit seulement ceci :
— Maintenant, mon beau gars, moi j'ai fait mon devoir. Tu en sais beaucoup plus que ce qu'on m'en a appris... C'est à toi de choisir la voie qui te convient : je te laisse libre.
— Grand merci ! répondis-je.
 
 
E aqui meme, d'aquelo ouro aviéu vint-un an, lou pèd sus lou lindau de moun mas peirenau emé lis iue vers lis Aupiho, entre iéu e d'esper-iéu prenguère la resoulucioun : proumieramen, de releva, de reviéuda en Prouvènço lou sentimen de raço, que vesiéu s'avali souto l'educacioun contro naturo e fausso de tóuti lis escolo ; segoundamen, d'esmòure aquelo respelido pèr la restauracioun de la lengo naturalo e istourico dóu païs, que tóuti lis escolo ié fan uno guerro à mort ; tresencamen, de rèndre la vogo au prouvençau pèr l'aflat e la flamo de la divino pouësìo.
 
Et là même, — à cette heure, j'avais mes vingt et un ans, — le pied sur le seuil du Mas paternel, les yeux vers les Alpilles, en moi et de moi-même, je pris la résolution : premièrement, de relever, de raviver en Provence le sentiment de race que je voyais s'annihiler sous l'éducation fausse et antinaturelle de toutes les écoles ; secondement, de provoquer cette résurrection par la restauration de la langue naturelle et historique du pays, à laquelle les écoles font toutes une guerre à mort; troisièmement, de rendre la vogue au provençal par l'influx et la flamme de la divine poésie.
 
 
Tout acò, vagamen, boumbounejavo en iéu; mai lou sentiéu coume vous lou dise. E, plen d'aquéu regounfle, d'aquelo boulisoun de sabo prouvençalo que me rendié tout lèri, libre d'aclinamen envers touto mestrìo o enfluènci literàri, fort de l'independènci que me dounavo d'alo, segur que plus autre noun vendrié me destourba, un vèspre pèr semenço, en espinchant li ràfi que seguien en cantant l'araire dins la rego, entamenère, glòri à Diéu ! lou proumié cant de Mirèio.
La rintrado au mas, XI
 
Tout cela, vaguement, bourdonnait en mon âme; mais je le sentais comme je vous dis. Et plein de ce remous, de ce bouillonnement de sève provençale, qui me gonflait le coeur, libre d'inclination envers toute maîtrise ou influence littéraire, fort de l'indépendance qui me donnait des ailes, assuré que plus rien ne viendrait me déranger, un soir, par les semailles, à la vue des laboureurs qui suivaient la charrue dans la raie, j'entamai, gloire à Dieu! le premier chant de Mireille.
 
Mirèio : c'est la première œuvre de Frédéric Mistral. Celle qui le révèlera en Provence et à Paris. Alphonse de Lamartine, le grand poète romantique et héros de la Révolution de 1848 le consacrera ; le compositeur Charles Gounod fera de Mireille un opéra.

Les premiers vers de Mirèio :


  Cante uno chato de Prouvènço.
Dins lis amour de sa jouvènço,
A travès de la Crau, vers la mar, dins li bla,
Umble escoulan déu grand Oumèro,
Iéu la vole segui. Coume èro
Rèn qu'uno chato de la terro,
En foro de la Crau se n'es gaire parla.


Emai soun front noun lusiguèsse
Que de jouinesso ; emai n'aguèsse
Ni diadème d'or ni mantèu de Damas,
Vole qu'en glòri fugue aussado
Coume uno rèino, e caressado
Pèr nosto lengo mespresado,
Car cantan que pèr vautre, o pastre e gènt di mas !
Je chante une jeune fille de Provence.
Dans les amours de sa jeunesse,
à travers la Crau, vers la mer, dans les blés,
humble écolier du grand Homère,
je veux la suivre. Comme c'était
seulement une fille de la glèbe,
en dehors de la Crau il s'en est peu parlé.


Bien que son front ne brillât
que de jeunesse ; bien qu'elle n'eût
ni diadème d'or ni manteau de Damas,
je veux qu'en gloire elle soit élevée
comme une reine, et caressée
par notre langue méprisée,
car nous ne chantons que pour vous, ô pâtres et habitants des mas.





blason
devise de Frédéric Mistral
Hommage d'Antoine Crousillat :


 
Ta Mirèio, o Mistrau, es uno meraviho !
Se coumo l'auro adounc que soun noum te counvèn
Fouert es lou sant alen que t'ispiro, o jouvènt,
Auto! au mounde abrama largo lèu ta musico !
A tei flàmeis acòrd lei baus van ressauta,
Leis aubre trefouli, lei gaudre s'aplanta,
Coumo à de souen dinda subre la liro antico..
Ta Mireille, ô Mistral, est une merveille !...
Si donc, comme le vent dont le nom te convient,
Fort est le souffle saint qui t'inspire, jeune homme,
Allons, au monde avide épanche les accents :
A tes flambants accords les monts vont s'émouvoir
Les arbres tressaillir, les torrents s'arrêter,
Comme aux sons modulés sur les lyres antiques..





hommage d'Alphonse Daudet :

C'est la Provence de la mer, la Provence de la montagne avec son histoire, ses cœurs, ses légendes, ses paysages... Tout un peuple naïf et libre qui a trouvé son grand poète avant de mourir. Et, maintenant, tracez des chemins de fer, plantez des poteaux à télégraphe ! chassez la langue provençale des écoles !

LA PROVENCE VIVRA ETERNELLEMENT DANS MIREILLE ET DANS CALENDAL !

lou soulèu me fai canta

  Félibrige : origine, définition
  Trésor du Félibrige : dictionnaire provençal-français de Frédéric Mistral
  Coupo Santo : hymne de la Provence, de Frédéric Mistral
  langue provençale
 
 
 
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