L'Épiphanie vient du grec Ἐπιφάνια ; le terme a été traduit en latin par apparitio,-onis (apparition).
En grec moderne, επιφάνια signifie avant tout la surface (de la Terre, par exemple) ; ce sens existait
aussi en grec ancien (tout ce qui apparaît à la surface).
En Grèce, la fête porte le nom de Θεοφάνια. La théophanie, c'est la manifestation de Dieu (Théos) qui s'est fait homme en Jésus.
Cependant, dans l'église orthodoxe, on célèbre ce jour-là le baptème de Jésus dans le Jourdain. Cet évènement s'est déroulé une trentaine d'années plus tard. Ce n'est pas une fève que l'on tire, mais une croix que l'on repêche dans l'eau. Le prêtre lance une croix et c'est au premier baigneur qui la retrouve...
6 jours après Noël et 6 jours avant l'Épiphanie, se déroule le passage à la nouvelle année. Autrefois on fêtait, le jour de l'An, la circoncision de Jésus. Comme tout enfant juif, elle se déroulait 7 jours après la naissance.
Le texte biblique emploie le terme de mage, du grec μάγος. En général, un mage désigne
à l'origine un prêtre perse ou mède (par exemple, originaire de Babylone). Ils étaient réputés pour leur connaissance
en astronomie et astrologie. On employait aussi le terme grec dans un sens péjoratif, avec celui de magicien. Ce terme est à l'origine de la magie,
du magicien et de ce qui est magique.
Voici ce que dit l'Évangile de Matthieu (II,1-2 & 10-11) :
Τοῦ δὲ
Ἰησοῦ γεννηθέντος ἐν Βηθλέεμ τῆς Ἰουδαίας ἐν ἡμέραις Ἡρῴδου τοῦ βασιλέως, ἰδοὺ μάγοι ἀπὸ
ἀνατολῶν παρεγένοντο εἰς Ἱεροσόλυμ |
Cum ergo natus esset Iesus in
Bethleem Iudaeae in diebus Herodis regis ecce magi ab oriente venerunt Hierosolymam dicentes :
ubi est qui natus est rex Iudaeorum ? vidimus enim stellam eius in oriente et venimus
adorare eum. |
Jésus étant né
à Bethléem de Judée, au temps du roi Hérode, voici que des mages
venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem en disant : "Où
est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu, en effet, son astre
à son lever et sommes venus lui rendre hommage." |
ἰδόντες δὲ τὸν ἀστέρα ἐχάρησαν χαρὰν μεγάλην σφόδρα καὶ ἐλθόντες εἰς τὴν οἰκίαν εἶδον τὸ
παιδίον μετὰ Μαρίας τῆς μητρὸς αὐτοῦ, καὶ πεσόντες προσεκύνησαν αὐτῷ, καὶ ἀνοίξαντες τοὺς
θησαυροὺς αὐτῶν προσήνεγκαν αὐτῷ δῶρα, χρυσὸν καὶ λίβανον καὶ σμύρναν. |
Videntes autem stellam
gavisi sunt gaudio magno valde et intrantes domum invenerunt puerum cum Maria matre eius
et procidentes adoraverunt eum et apertis thesauris suis obtulerunt ei munera aurum tus
et murram. |
A la vue de l'astre
ils se réjouirent d'une très grande joie. Entrant alors dans le logis, ils
virent l'enfant avec Marie sa mère, et, se prosternant, ils lui rendirent hommage ;
puis, ouvrant leurs cassettes, ils lui offrirent en présents de l'or, de l'encens
et de la myrrhe. |
Plusieurs interprétations et traditions se sont en fait développées au fil des siècles...
Selon la Bible, les mages ont offert à Jésus de l'or, de l'encens
et de la myrrhe. Plus tard, on leur a attribué un symbole :
- l'or comme le symbole de la royauté,
- l'encens, le symbole de la divinité,
- la myrrhe, le symbole de la passion (souffrance et mort de Jésus)
Trois présents sont offerts : on en a déduit qu'ils étaient
trois. Ce chiffre est aussi symbolique : il évoque la trinité.
Dans l'Antiquité, on confondait souvent le pouvoir religieux et le pouvoir politique. Tertullien
(né à Carthage, aujourd'hui en Tunisie, vers l'an 160) écrit :
Magos reges habuit fere oriens. (Adversus Marcionem, III, 13)
L'Orient fut presque toujours gouverné par des mages. (traduction Genoude, XIXe)
De même, Jésus Roi des Juifs, ne doit pas être considéré
au sens propre.
Tertullien cite également le psaume 72 qui implore un roi bon pour
son peuple :
O Dieu, donne au roi ton jugement, au fils de roi ta justice,
qu'il rende à ton peuple sentence juste et jugement à tes petits.
(...)
Les rois de Tarsis et des îles rendront tribut.
Les rois de Saba et de Seba feront offrande;
tous les rois se prosterneront devant lui,
tous les païens le serviront.
On a confondu les mages d'orient avec ces trois rois. Mais on ne sait pas
exactement à quoi correspondent ces territoires ! On estime que
- Tarsis et les îles désignent l'occident (peut-être l'Espagne)
- Saba, le sud de l'Arabie
- Séba le nord du Soudan
Ainsi les Mages d'Orient sont devenus les Trois Rois représentant
l'Europe, l'Asie et l'Afrique... Enfin, on a donné des noms à ces Rois Mages:
Melchior, Gaspard et Balthazar (souvent orthographié Gaspar, Baltasar). Dans l'iconographie,
on a fait de :
- Melchior le représentant de l'Europe,
- Gaspard, de l'Asie
- Balthazar, de l'Afrique.
La légende
dorée de Jacques de Voragine : l'Épiphanie du Seigneur (XIIIe) ou version texte
L'Encyclopédie de Diderot
& d'Alembert : Épiphanie (XVIIIe)
Dictionnaire philosophique
de Voltaire : Épiphanie (XVIIIe)
Dictionnaire des apocryphes
: L'évangile de l'enfance, chapitre VII : Des mages vinrent du pays de l'Orient...
À l'origine, on mettait une fève dans la galette des rois. Puis, la fève naturelle est devenue un objet de porcelaine...
Tiré de cette tradition, l'expression :
trouver la fève au gâteau : faire une découverte géniale et importante ;
faire une excellente et riche affaire
famille des fabacées : toutes les
sortes de fèves « Que diable (disait-il en agitant ses gros sourcils noirs) vient-on nous parler des mages et de leurs présens, à propos d'un usage dont l'origine profane est si bien connue ? Qui est-ce qui ne sait pas que cette plaisanterie du Roi de la Fève nous vient des Romains, dont les enfans, pendant les saturnales, tiraient au sort à qui serait roi du festin ? Cet emploi de la fève, pour interroger le sort, remonte aux Grecs, qui se servaient de fèves pour l'élection de leurs magistrats. Nous avons transporté au commencement de janvier une fête que les anciens célébraient vers la fin de décembre, au solstice d'hiver, et que les Romains, s'il faut en croire Lucien, Strabon et Vossius, avaient empruntée des Perses. L'élection de ce roi de circonstance se faisait à table comme chez nous ; mais après avoir été traité pendant la courte durée de son règne avec tout le respect et tous les égards dus à son rang, le monarque éphémère était pendu pour terminer la fête. Il est pourtant bon d'ajouter qu'il était choisi dans la classe des esclaves, et plus souvent parmi les criminels.
— Je sais fort bien (répondis-je à mon savant en us) qu'on peut tout désenchanter à force d'érudition ; mais je vous avouerai que la lecture du mémoire le mieux fait sur l'origine du Roi de la Fève ne m'amusera jamais autant qu'une de ces fêtes de famille, devenues beaucoup trop rares aujourd'hui. »
L'hermite de la Chaussée-d'Antin
ou Observations sur les murs et les usages parisiens au commencement du XIXe siècle, par Étienne
de Jouy (1824)
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Le roi boit. Sorte de cri de réjouissance parmi ceux qui mangent ensemble le jour des Rois, après avoir fait un Roi de la féve. On crie, Le Roi boit, Toutes les fois que le Roi de la féve boit. Quand c'est une Dame qui est la Reine de la féve, on crie, La Reine boit.