C'est pourquoi dans d'autres pays, on parle de dimanche des Palmes. De même, en latin, la langue officielle de l'église catholique, ce jour porte le nom de Dominica in Palmis.
| italien | Domenica delle Palme |
| espagnol | Domingo de Ramos |
| provençal | dimenche di Rampau du latin Ramis palmæ |
| anglais | Palm Sunday |
| allemand | Palmsontag |
| grec | Κυριακή των Βαΐων |
| le grec emploie le terme utilisé dans l'Évangile de Jean, en grec ancien : βαΐα τῶν φοινίκων (rameaux de palmiers, singulier : βαΐον) ; cependant, en grec moderne, le rameau d'olivier s'écrit κλαδί ελιάς. |
On décorait les croix de carrefour et des cimetières avec des rameaux : elle portait alors le nom de Croix Hosannière. Rabelais
parle de la croix Osanière et écrit, en note :
En poictevin est la croix ailleurs dicte Boysseliere, pres laquelle au dimenche des Rameaux l'on chante. Osanna filio David etc.
On l'appelle aussi dans certaines régions croix Buisée, croix Boisée.
Par extension, les croix hosannières désignent les croix des cimetières.
Ces rameaux sont ensuite conservés plusieurs mois. Et le Mercredi des cendres, premier jour de Carême, on les brûle pour les réduire en cendres.
Les trois grandes fêtes juives sont :
- la Pâque, Pessah פסח [pesaḥ]
- la fête de la moisson ou fête des semaines, Shavouot שבועות [šavuʿot]
50 jours après la Pâque (devenue la Pentecôte dans le christianisme)
- la fête de la récolte ou fête des tentes (cabanes, tabernacles), Souccot סוכות
[sukkot] (de soukka סוכה [sukkah]
hutte, cabane construite avec des branchages).
La fête de Souccot avait lieu à l'automne, après la récolte des olives, notamment. Elle se célèbrait sous des huttes de branchages, de rameaux.
Cette fête est présentée dans le Lévitique (23, 39) :
Le quinzième jour du septième mois, lorsque vous aurez récolté les produits de la terre, vous irez en pèlerinage fêter Yahvé
pendant sept jours. Le premier et le huitième jour seront jours de repos.
Le premier jour vous prendrez de beaux fruits, des rameaux de palmier, des branches d'arbres touffus et de saules des torrents, et vous serez dans la joie pendant sept jours devant Yahvé
votre Dieu.
Vous ferez ce pèlerinage pour fêter Yahvé sept jours par an. C'est une loi perpétuelle pour vos descendants. C'est au septième mois que vous célébrerez
cette fête.
Vous habiterez sept jours sous des huttes. Tous les habitants d'Israël habiteront sous des huttes, afin que vos descendants sachent que j'ai fait habiter sous des huttes les enfants d'Israël
lorsque je les fait sortir d'Égypte.

Le terme s'écrit en hébreu : הושע נא
Il provient du psaume 118 (verset 25) :
אנא יהוה הושיעה נא
Anna Adonai (Yahvé) hoshi-ʿah-nna
de l'hébreu ישע [yašaʿ] : sauver, être sauvé, délivrer,
être délivré, libéré ;
à ce verbe a été ajouté une valeur déprécative pour exprimer l'idée d'implorer, ce qui pourrait se traduire ainsi :
sauve-nous, je t'en prie ! de grâce, sauve-nous ! de grâce, libère-nous !
Ce verset a été ainsi traduit :
dans la Septante : ὦ κύριε σῶσον δή
dans la Vulgate : obsecro Domine salva
dans la Bible de Jérusalem : De grâce, Yahvé, donne le salut !
puis suit ce verset, repris dans les Évangiles :
Béni soit celui qui entre au nom du Seigneur,
Formez le cortège, rameaux en main !
Le septième jour et dernier jour de la fête de Souccot était appelé jour de Hoshaʿna
(ou Hoshaʿna Rabbah). Ce nom désignait aussi les rameaux.
Le prénom Jésus (Yéshou ou Yéshoua) est d'ailleurs formé
avec la même racine. Le nom hébreu de Jésus יהושוע est construit à partir de יהוה
(Yahvé) et ישע [yašaʿ] : dont le salut est Yahvé.
La phrase de l'Évangile de Jean est conforme à l'hébreu. En revanche, ce n'est pas le cas de celui de Matthieu qui cite :
Hosanna au plus haut des cieux ! ou Hosanna au fils de David !
on dit : Hosanna !
C'est une imploration : Oh, sauve-nous !
mais on ne dit pas : Hosanna à...
Lorsqu'ils approchèrent de Jérusalem et arrivèrent près de Bethphagé, au mont des Oliviers, Jésus envoya deux disciples en leur disant :
« Allez au village qui est en face de vous, vous trouverez alors une ânesse attachée avec son ânon près d'elle ; détachez-la et amenez-les moi ! »
[...]
Cela est arrivé pour que s'accomplisse ce qu'a dit le prophète :
« Dites à la fille de Sion : voici que ton roi vient à toi ; humble, il est monté sur une ânesse et un ânon, petit d'une bête de
somme. »
C'est un procédé que l'on retrouve souvent chez Matthieu qui veut absolument nous faire croire que Jésus est annoncé dans l'Ancien Testament. Il reprend ici le livre de Zacharie
(9, 9) :
Exulte avec force, fille de Sion !
Crie de joie, fille de Jérusalem !
Voici que ton roi vient à toi :
il est juste et victorieux,
humble, monté sur un âne,
sur un tout jeune ânon.
Les vêtements étendus sur le chemin représentent un signe de reconnaissance envers un homme choisi comme roi. Ainsi, dans le second livre des Rois (9, 12), un prophète consacre
Jéhu comme roi d'Israël ; il dit :
« Ainsi parle Yahvé : par cette onction, je te sacre roi d'Israël. »
Aussitôt, tous prirent leurs vêtements et les étendirent sous ses pieds, en haut des marches.
Ils sonnèrent du cor et crièrent : « Jéhu est roi ! »
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